INTERVIEW : Rencontre avec Jeanne Rochette

À l’occasion de son concert exceptionnel le 20 avril 2026 au « Café de la Danse » à Paris, nous avons rencontré Jeanne Rochette. L’artiste franco-canadienne revient sur son parcours, de ses débuts entre Paris et Montréal à ses virages artistiques plus rock, et nous confie ce que nous réserve cette soirée unique.

JustMusic.fr : Tu as été formée en musique et en théâtre à Paris avant de partir vivre au Québec en 2004. Qu’est-ce qui t’a poussée à faire ce choix à ce moment-là de ta vie ?

Jeanne Rochette : En fait, je ne sais pas. Je pense que c’est l’aventure et l’envie. J’avais un peu terminé mes études en arts du spectacle, j’ai étudié le théâtre. J’avais fait plusieurs écoles de théâtre et j’étais aussi très intéressée par le chant : j’avais étudié le jazz et le chant lyrique.

J’étais intriguée par toute la technique pop qui est travaillée au Québec, un peu à l’américaine. Et puis j’étais à un moment de ma vie où je n’avais plus d’amoureux, plus d’appart, plus rien qui me retenait. Je me suis dit : c’est maintenant ou jamais, je me lance et je verrai. Je n’avais même pas regardé une photo de ce qu’était le Québec. Je savais qu’on y parlait français et qu’il y avait une école qui m’intéressait là-bas, que je voulais intégrer.

Donc c’était vraiment l’aventure… et le bon timing.

JustMusic.fr : Ton premier album « Elle sort » paraît en 2010 et t’emmène sur de nombreuses scènes québécoises. Quels souvenirs gardes-tu de ces débuts ?

Jeanne Rochette : Eh bien, en fait, ce premier album est surtout marqué pour moi par la scène. Quand je suis arrivée au Québec, je ne connaissais vraiment personne. Je me suis donc créé un réseau de musiciens grâce au jazz, parce que j’avais beaucoup travaillé dans ce registre en France.

Je rencontrais les musiciens dans les jam sessions, etc. C’est aussi à ce moment-là que j’ai rencontré le père de mon fils, qui était lui-même musicien de jazz.

Au début, j’ai joué dans de tout petits endroits. J’ai énormément tourné. Ensuite, on a fait de vraies tournées : au Québec, dans tout le Canada. C’était toujours un peu teinté de jazz. On a aussi joué en Inde, en Chine, et même jusqu’à Terre-Neuve. On a fait des tournées nord-canadiennes…

L’album est sorti en 2010, mais entre 2004 et 2010, j’ai énormément fait de scène. J’avais sorti deux EPs, j’avais déjà un peu « digéré » ces chansons… enfin, plutôt gestation que digestion, c’est plus joli ! Cette gestation a mené à ce premier album.

Je l’ai réalisé moi-même, il y a des chœurs dedans, on a vraiment pris le temps de le faire. C’est un disque que j’aime beaucoup réécouter. Il est presque progressif, parce que j’écoutais du rock progressif à l’époque. Les formes ne sont pas du tout classiques, il y a même de petites interventions lyriques. Il est très amusant, cet album. J’ai enregistré mon rire, j’ai essayé plein de choses… C’était un peu expérimental.

JustMusic.fr : En 2016, tu reviens à Paris avec l’album « Cachée » qui a été enregistré au Québec. Ce retour dans ta ville natale a-t-il marqué un tournant artistique ?

Jeanne Rochette : Oui, forcément, parce que tout est un peu lié à ma vie. En 2014, mon père est décédé d’un cancer du cerveau terrible, et ça m’a fait revenir à Paris. J’ai pris conscience que j’avais envie d’être là, d’un retour aux sources, de travailler avec des artistes ici, de faire des collaborations, de jouer dans ma ville.

Je suis née à Paris, et je me suis rendu compte que ça me manquait. Culturellement aussi. Il y a des choses formidables au Québec, mais j’avais un rapport organique à Paris, à son histoire. Il y avait quelque chose d’instinctif.

Je suis donc revenue et j’ai ressorti l’album. J’ai refait des scènes ici, mais j’ai dû recommencer un peu, me refaire connaître. Il a fallu retourner chanter dans des petites salles, alors que j’étais habituée à des événements plus importants : j’avais fait les Francos de Montréal, j’avais assuré les premières parties de Philippe Katerine à cette époque-là.

Puis j’ai rencontré Cali. Tout ça, c’était autour de la période de l’album « Cachée ». J’ai fait ses premières parties, et les choses se sont enchaînées dans une belle énergie. Je jouais en live, je rencontrais des gens, et Cali m’a dit : « Viens avec nous en tournée. » Il y avait comme ça des opportunités qui se présentaient, une dynamique beaucoup plus forte quand j’étais en France.

JustMusic.fr : Tu as assuré les premières parties de Thomas Fersen, Philippe Katerine ou encore Cali. Qu’as-tu appris en observant ces artistes sur scène ?

Jeanne Rochette : Cali, c’est particulier. Déjà, Philippe Katerine… j’adorais faire sa première partie, comme celle de Thomas Fersen. Il y a chez Katerine une folie, quelque chose de très farfelu, mais en même temps de très carré. Il est extrêmement précis dans ce qu’il fait. Il donne un peu l’impression, comme les clowns, de faire n’importe quoi, alors qu’en réalité il a une exigence incroyable, une culture musicale magnifique et une vraie liberté.

C’est une folie hors des sentiers battus, avec une patte très personnelle. Ça m’a beaucoup inspirée.

Et puis Cali, ça a été encore autre chose. Quand je l’ai découvert, je n’étais pas particulièrement fan de son travail. Puis j’ai été invitée à une émission sur « Sud Radio » par Yvan Cujious, qui m’a dit : « Viens, je suis sûr que ça va matcher entre vous. » J’ai joué en live, et il m’a tout de suite proposé de partir en tournée avec lui.

Quand je l’ai vu chanter sur scène, j’ai compris. Il se donne totalement, il est d’une générosité incroyable. Il m’invitait à chaque fois à revenir chanter avec lui sur scène, à partager les saluts. J’ai vu « la bête de scène » qu’il était, cette énergie brute, intense.

Et je me suis rendu compte qu’on vibrait un peu dans la même énergie. Je n’étais pas juste une chanteuse statique : j’étais une chanteuse avec un corps, une manière de bouger, une énergie plus rock.

Je pense que cette tournée avec Cali m’a énormément influencée, notamment pour mon troisième album, « La malhonnête ».

JustMusic.fr : En effet, « La malhonnête » marque un virage plus rock et reçoit le Coup de cœur de l’Académie Charles Cros. Était-ce une nécessité pour toi d’affirmer une énergie plus frontale ?

Jeanne Rochette : Oui. J’ai toujours été passionnée par les artistes qui ont cette énergie-là. J’adore des chanteuses comme Anna Prucnal, Catherine Ringer, ou encore des artistes comme Jacques Higelin. J’aime les gens qui sont dans une vraie énergie de scène. Ça m’a toujours parlé. Et je pense qu’il y a quelque chose en moi qui résonne avec ça.

On se rapproche presque de la transe, et aussi d’une énergie théâtrale. C’est une manière de jouer, d’interpréter, d’incarner les rôles et les chansons.

Donc oui, c’était une nécessité, mais en même temps une suite logique. Je crois que ça a toujours fait partie de moi. C’était déjà là. C’est comme si, petit à petit — et je parle encore au présent — je m’autorisais de plus en plus. Et ce n’est jamais fini, cette recherche-là.

Pour moi, l’idée, c’est d’être toujours plus présente, de me surprendre moi-même pour pouvoir surprendre les autres. D’être en recherche, dans la prise de risque, d’explorer des formes nouvelles. Le prochain concert, par exemple, est vraiment dans cette dynamique : chercher une autre manière de faire, ne pas être là où on m’attend forcément.

Donc oui, ça fait partie de mon énergie profonde. C’est lié au désir d’être sur scène, au désir de partager. Et cette énergie-là, elle est forte.

JustMusic.fr : En octobre 2024, tu as sorti un album live enregistré avec l’Orchestre national de jazz de Montréal. Qu’est-ce que cette expérience orchestrale a changé dans ton rapport à tes propres chansons ?

Jeanne Rochette : Déjà, c’est une chance immense. Pour moi, c’était un privilège incroyable de pouvoir entendre mes chansons orchestrées. Il y avait un ensemble de cordes, de la harpe, des cuivres… C’était magnifique. Très impressionnant, et en même temps très évident, presque logique. Comme si, dans ma tête, j’avais déjà entendu ces orchestrations-là.

Et ça, c’est vraiment la qualité de l’arrangeur, qui a été extraordinaire : Jean-Nicolas Trottier, tromboniste, qui signe les arrangements pour l’Orchestre national de jazz de Montréal. Il a su trouver quelque chose de très juste dans chacun des titres.

On a réussi à enregistrer l’album live en une seule soirée. Il y aura aussi une vidéo du concert qui sortira bientôt. Je me dis que c’est fou de pouvoir faire un disque comme ça en une soirée, alors que d’habitude on enregistre piste par piste. Mais on était tellement heureux du résultat qu’on s’est dit : on en fait un album.

Ça m’a complètement portée. C’était une sorte de fantasme devenu réalité, quelque chose de très magique. J’ai aussi découvert une sensation particulière : j’avais l’orchestre derrière moi, je ne chantais pas face à eux. C’est une impression très étrange, mais ça élève, ça porte, ça donne une force et une ampleur incroyables.

C’est comme si, tout à coup, j’entendais mes chansons dans de très beaux habits, finement travaillés. Et je trouve que ça leur allait très bien (sourire).

JustMusic.fr : Aujourd’hui, es-tu déjà en train de travailler sur de nouveaux titres ou un prochain projet studio ?

Jeanne Rochette : Oui, je travaille déjà sur les chansons du prochain album. Elles sont quasiment toutes écrites. Maintenant, je prends le temps de réfléchir à la réalisation, de trouver avec qui j’ai envie de travailler, parce que j’aimerais aller vers quelque chose d’un peu plus produit.

J’aime bien changer d’univers à chaque album. Le premier était assez jazz, presque progressif. Le deuxième était porté par des arrangements très classiques, avec des hautbois, des bassons, des cordes. Le troisième était plus rock, plus pop, avec une basse électrique, des arrangements plus bruts.

Pour le prochain, j’aimerais qu’il soit différent encore. Je ne saurais pas l’expliquer précisément, mais je le sens à la fois plus intime et plus étrange. Ce n’est pas contradictoire pour moi. Il y a quelque chose d’un peu expérimental, parce que j’ai toujours envie de chercher, d’explorer.

Mais j’aimerais aussi me laisser guider par un réalisateur, me surprendre autrement.

JustMusic.fr : Tu navigues entre chanson française inventive, jazz, rock, classique et théâtre. As-tu parfois eu le sentiment de ne pas entrer dans une case ?

Jeanne Rochette : Oui, je crois que ça m’a souvent accompagnée. Mais ce n’est ni un choix stratégique ni une volonté de me démarquer. C’est simplement ma manière d’écrire. Je n’ai pas forcément des structures couplet-refrain très classiques. Mes chansons prennent des formes assez libres, et c’est très instinctif.

En même temps, j’ai été bercée par Alain Souchon, Jacques Higelin, les Rita Mitsouko, Barbara, Georges Brassens. Donc je viens aussi d’un héritage très fort de la chanson française. Mais j’aime également les formes plus étranges d’Alain Bashung, ses ruptures de rythme, ses harmonies inattendues, cette manière de mêler une poésie très concrète à des constructions plus audacieuses.

Je pense que mes influences jazz se ressentent aussi, notamment parce que je m’entoure de musiciens incroyables. Moi, je me considère comme une chanteuse qui joue du piano, pas comme une pianiste.

Récemment, j’ai fait une série de concerts en solo, seule au piano, et ça m’a révélé d’autres choses. J’y ai lu des textes aussi. J’aime explorer différentes formes.

Donc oui, je sens que mon travail continue d’évoluer, surtout dans la recherche de la forme.

JustMusic.fr : Ta double culture franco-canadienne nourrit-elle encore ton écriture et ton interprétation ?

Jeanne Rochette : Aucune idée… mais je pense que oui. Déjà parce que ça m’inspire directement des chansons. Sur le prochain album, j’en ai écrit une qui s’appelle « Là-bas ici », où je parle justement de cette sensation d’avoir « le cul entre deux chaises » (rires).

Et je crois que j’apprends à aimer ce déséquilibre. Cette double appartenance m’a appris que le risque et l’instabilité pouvaient être féconds. Être entre deux mondes, ça me crée quelque chose.

Il y a des choses à Paris dont je ne peux pas me passer. Et pareil au Québec. Au Québec, il y a une forme de bulle, quelque chose de plus doux, plus calme, plus posé. Il y a plus d’espace. Les gens sont différents. J’y ai aussi ce côté très « maman gâteau » — mon enfant est grand maintenant, mais il y a quelque chose de très réconfortant là-bas.

Et puis quand j’arrive à Paris, c’est tout de suite une autre énergie : je vais voir des spectacles, je nourris ma culture théâtrale — parce que je suis aussi comédienne — je rencontre du monde, je crée.

Je viens d’ailleurs de tourner un clip avec le chanteur québécois Yann Perreau, qui sort aujourd’hui. C’est une très jolie chanson que nous avons enregistrée là-bas. Comme le projet avec l’ONJ, d’ailleurs.

Pour moi, l’idéal aujourd’hui, c’est de continuer à développer des projets dans les deux pays. Je pense vraiment que c’est une richesse. Les deux cultures sont très différentes, mais extrêmement complémentaires.

JustMusic.fr : Tu es souvent décrite comme une « bête de scène ». D’où te vient ce rapport si intense au live ?

Jeanne Rochette : Je ne sais pas… Peut-être que ça vient de quelque chose de très intime. Je relie ça à cette idée du double. J’étais une vraie jumelle monozygote, et ma sœur est morte à la naissance. C’est quelque chose de très personnel, mais j’en ai parlé dans une chanson à un moment donné.

Quand je suis née, une infirmière aurait dit : « Celle-là, elle veut vivre. » Il y avait peut-être cette urgence-là, comme une manière de compenser, de vivre encore plus intensément.

Je ne sais pas si ça vient de là, mais quand tu me poses la question, c’est à ça que je pense. Je suis quelqu’un d’intense, de très engagé dans ce que je fais.

La scène, je l’aime profondément. Le partage avec le public me porte, me galvanise. Ça me nourrit énormément.

JustMusic.fr : Avec le recul, que dirais-tu à la Jeanne Rochette de tes débuts ?

Jeanne Rochette : Je lui dirais : vas-y tranquillement, mais assure ce que tu fais. Comme on dit, lentement mais sûrement (sourire).

Il y a des moments d’accélération, bien sûr, je suis quelqu’un qui peut aller vite. Mais au fond, il faut juste faire ce que tu as à faire, le faire bien, et peu importe ce qui se passe autour. L’important, quand tu te retournes, c’est de pouvoir te dire : j’ai fait les choses avec justesse.

Je suis très fière des projets que j’ai menés, des belles collaborations, des personnes qui m’entourent aujourd’hui.

Et je lui dirais aussi : reste au présent. Vis le plus possible dans l’instant. Parce que je me rends compte aujourd’hui que c’est une vraie force d’être là où l’on est, en conscience.

JustMusic.fr : Le 20 avril 2026, vous serez en concert au « Café de la Danse » à Paris. Qu’est-ce que représente cette salle pour toi ?

Jeanne Rochette : C’est une salle que je trouve extrêmement agréable. Déjà, je la considère comme une grande salle, avec un vrai dégagement de plateau. J’adore ça. Ça sonne toujours très bien, et le rapport scène-public est hyper chaleureux.

J’y ai déjà fait une intervention, mais je n’y ai jamais présenté un spectacle complet. Donc pour moi, c’est énorme. Ça va me laisser de l’espace pour bouger, danser, aller vers les gens, déployer toute mon énergie.

Et puis c’est une salle en plein cœur de Paris, dans un quartier très vibrant. Bastille, c’est vivant, mais le « Café de la Danse » a quelque chose d’un peu à part, presque comme un cocon. Pour une soirée unique, c’est un lieu unique.

Il n’y a pas de sortie d’album à proprement parler, donc on va vraiment créer un événement. J’invite Alexis HK à chanter avec moi, ainsi qu’un grand accordéoniste québécois, Didier Dumoutier, qui a joué notamment avec Lhasa de Sela et Diane Dufresne. Il est extraordinaire. Il y aura peut-être même du baroque… Je prépare des surprises.

On va aussi projeter un film au milieu du spectacle : le clip de « Oualissa », une chanson du deuxième album. C’est un conte, l’histoire d’une petite fille qui part sur les ailes d’un oiseau chercher de l’eau en Afrique.

En 2016, pour la sortie de l’album « Cachée », j’avais demandé — en hommage à mon père, qui était dessinateur — à Patrick Cohen, un ancien collaborateur d’Uderzo et Goscinny sur Astérix dans les années 70, puis chez Disney, de réaliser des dessins. Il a tellement aimé la chanson qu’il a créé près de 200 dessins d’animation.

Malheureusement, Patrick Cohen est décédé en 2020 et le projet est resté inachevé. Mais il y a quelques semaines, le réalisateur Charlie Sansonetti m’a annoncé qu’une production, « Sacre Bleu » — qui a notamment produit « Flow » (Oscar 2025) — avait repris le projet. Un dessinateur a été missionné et, le 20 avril, ce sera la première mondiale : on diffusera le clip et on jouera la chanson en direct.

C’est un événement très symbolique, qui ne se produira qu’une seule fois.

Sur scène, je serai entourée de musiciens incroyables : François Puyalto à la basse électrique, Côme Huveline à la batterie et à la guitare, Bastien Lucas aux claviers et à la guitare. On sera vraiment quatre sur scène, très soudés.

Ce sera un show… explosif !

JustMusic.fr : Tu m’as devancé, mais quelles autres exclusivités peux-tu encore me révéler sur ce concert ?

Jeanne Rochette : On va déjà jouer des chansons du prochain album, en avant-première. Ça, c’est sûr.

Il y aura peut-être aussi des surprises… une vraie cerise sur le gâteau. Mais celles-là, je préfère les garder secrètes. Ce seront de très, très belles surprises (sourire).

Mon idée, c’est vraiment de me faire plaisir, de vivre un moment totalement unique et de le partager avec le public, pour que les gens aient la sensation d’assister à quelque chose qui ne se reproduira jamais exactement de la même manière.

Je trouve qu’il y a quelque chose d’extraordinaire dans les concerts. Il n’y a pas longtemps, j’ai vu PJ Harvey au Canada et je me suis fait cette réflexion : ce moment-là est unique. Comme au théâtre, tout se crée dans l’instant. Il y a une synergie, une communion avec les gens présents. On partage quelque chose ensemble, et quand on sort, on est un peu transformé.

Si je pouvais créer ça le 20 avril, que nous sortions tous un peu transformés… ce serait magnifique.

Je pense que je vais être très émue. Le clip est un hommage à Patrick, mais aussi à mon père. Donc ce sera chargé d’émotion.

Et avec plaisir… tu viendras. Je t’invite.

JustMusic.fr : Quels sont tes coups de cœur musicaux du moment ?

Jeanne Rochette : Ce ne sont pas forcément des artistes « du moment », mais ce sont des coups de cœur constants. J’adore PJ Harvey, je l’ai vue en concert récemment et j’aime vraiment, vraiment beaucoup ce qu’elle fait.

J’adore aussi Fiona Apple. Ce n’est pas nouveau non plus, mais c’est une artiste que j’écoute énormément.

J’aime beaucoup ce que fait Zaho de Sagazan. Je la trouve très entière. Il y a chez elle une énergie très naturelle, très spontanée sur scène, qui me parle beaucoup. Je m’y reconnais. J’aimerais beaucoup la rencontrer. Et le travail qu’elle a fait en version symphonique, c’était magnifique.

Camille aussi, j’aime beaucoup. Elle n’a pas sorti de choses très récentes, mais même son travail sur le film de Jacques Audiard est splendide.

Je trouve ça beau, les artistes qui explorent plusieurs territoires, qui cherchent à différents endroits. Je trouve ça riche.

Et puis Rosalía, par exemple. Elle est dans une vraie recherche sonore. Il y a quelque chose de très fort dans son travail de production, dans le son. Je trouve ça passionnant.

C’est drôle… je ne t’ai cité que des femmes.

JustMusic.fr : Que peux-tu rajouter pour donner envie au public de ne pas manquer ce concert du 20 avril ?

Jeanne Rochette : Je crois que j’ai déjà beaucoup dit (rires)… mais je leur dirais surtout de venir vivre une expérience avec nous.

Par exemple, Didier Dumoutier, l’accordéoniste québécois qui a joué notamment avec Lhasa de Sela et Diane Dufresne, vient spécialement pour ce concert. Il traverse l’Atlantique pour cette soirée. Alexis HK sera aussi là. Ce sont des artistes « à fleur de peau », dans une émotion très sincère.

Je me suis entourée de musiciens extrêmement talentueux, avec qui je joue depuis longtemps. Il y a entre nous une vraie communion, quelque chose de palpable, presque jubilatoire quand on est dans la salle.

Et puis, pour être honnête, je ne sais pas moi-même exactement ce que je vais faire. On va beaucoup répéter, chercher, tester. L’idée, c’est de surprendre les gens — et de nous surprendre aussi.

Ce que je peux promettre, en revanche, c’est un moment unique, intense, que nous allons créer tous ensemble. Un moment magique (sourire).

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