À l’occasion de la sortie de son nouveau single « Larme en plein cœur », LUTA se confie à JustMusic.fr. Parcours, déclics, premières scènes marquantes, relation toxique transformée en chanson-thérapie, et naissance de son EP « Cœur en vrac » attendu au printemps : une interview sincère et lumineuse, portée par une artiste en pleine affirmation.
JustMusic.fr : Pourquoi et quand t’es-tu lancée dans la musique ?
LUTA : J’ai toujours eu un pied dans la musique depuis mon plus jeune âge. J’ai commencé les cours de piano vers cinq ou six ans, puis, autour de mes 12/13 ans, j’ai voulu apprendre la guitare en autodidacte. J’ai également toujours chanté dans ma chambre, dès petite, en organisant des petits spectacles avec les copines devant nos parents.
Pendant longtemps, la musique est restée cantonnée à ma chambre. C’est juste après le confinement que les choses ont changé : j’ai alors décidé de faire un stage découverte dans une école de chant.
La révélation de ma vie : mon monde de rêve pouvait être réel. C’était fou pour moi.
J’ai vraiment pris conscience que la musique pouvait être un métier et que je pouvais m’exprimer ailleurs que dans ma chambre.
Par la suite, j’ai enchaîné les écoles de chant, et c’est seulement depuis le milieu de 2025 que j’ai réellement pris la décision d’en faire mon métier, en me donnant les moyens de réaliser mes rêves.
JustMusic.fr : C’est quoi le tout premier moment où tu t’es dit : « Je peux vraiment être artiste » ?
LUTA : Je crois que ce moment est arrivé il n’y a pas si longtemps. Pendant un moment, j’ai pensé que c’était possible pour les autres, mais pas pour moi, sans doute par manque de confiance en moi. Je me cachais derrière ça : c’était plus facile, au final.
Mais en décembre dernier, j’ai été invitée par le groupe belge Puggy à chanter avec eux sur la scène du Stéréolux à Nantes, devant près de 3 000 personnes, suite à un concours sur Internet.
Et c’est sur scène, à cet instant précis, que je me suis dit : « C’est ce métier que je veux faire toute ma vie. »
C’était une évidence. Sur scène, je me sens à 100 % à ma place.
JustMusic.fr : Tu te souviens de ta première grosse étape (scène, enregistrement, sortie…) ?
LUTA : Ma première grande étape a été de faire la première partie d’un festival d’été sur Dijon, dont la tête d’affiche réunissait notamment Héritage Goldman, Emma Daumas, Philippine Lavrey, Tom Frager, ainsi que d’autres artistes.
Pendant cette première partie, j’ai eu la chance de pouvoir présenter mon univers au public. C’était vraiment chouette et intimiste, car j’ai présenté mes chansons en acoustique piano / guitare-voix.
J’en garde vraiment un super souvenir !
JustMusic.fr : Comment est né ton nouveau single « Larme en plein cœur » (disponible le 23 janvier) ?
LUTA : « Larme en plein cœur » est née de la façon la plus simple qui soit : un dimanche d’été, en juillet, installée dans mon canapé, alors que le temps donnait l’impression d’être en plein mois de décembre. Ce sont d’ailleurs les premiers mots de la chanson.
À cette période, j’étais enfermée dans une relation complètement toxique dont je n’arrivais pas à me sortir. Je tournais clairement en rond. Cette chanson a alors véritablement été une forme de thérapie pour moi : elle m’a permis de mettre des mots sur ma situation, d’en prendre conscience et de trouver la force nécessaire pour m’en sortir.
JustMusic.fr : Le titre parle d’une relation toxique : c’était important pour toi de raconter ça sans filtre ?
LUTA : Je pense que c’est super important de trouver la force et le courage d’être à 100 % honnête avec soi-même. Au final, on est tous faits pareil. Le fait d’être vraiment sincère dans ce qu’on ressent et dans les mots qu’on écrit permet aussi aux gens qui nous lisent ou nous écoutent de se reconnaître dans notre histoire.
C’est aussi pour ça que j’écris de manière très thérapeutique. Je le fais d’abord pour moi, en me disant qu’il y a forcément quelqu’un, quelque part, qui va entendre ma chanson et se dire : « Purée, ça me fait du bien, je ressens exactement la même chose. »
JustMusic.fr : Malgré le sujet, la chanson reste assez lumineuse : tu voulais apporter de l’espoir ?
LUTA : Oui, bien sûr ! Je suis quelqu’un qui cherche toujours le positif dans tout ce qui peut se passer dans la vie. J’ai un tempérament très solaire et optimiste. Le message de cette chanson est assez clair : c’est davantage une forme de conclusion avec soi-même face à une situation, plutôt que quelque chose de triste en soi.
C’est aussi pour ça que j’ai voulu une production musicale assez dynamique.
JustMusic.fr : Comment s’est passée la production avec Martin Mansuy ?
LUTA : Avec Martin, le travail a toujours été très fluide. On a tout de suite matché, autant musicalement qu’humainement, ce qui rend la collaboration vraiment très agréable. Il comprend parfaitement où je veux aller musicalement et arrive très rapidement à le retranscrire sur les morceaux que l’on fait, un peu comme s’il lisait dans mes pensées. C’est assez fou, et surtout très productif.
Concrètement, je lui envoie une maquette piano-voix ou guitare-voix, avec les paroles et la mélodie déjà définies. Ensuite, il crée toute la production musicale. On se retrouve ensuite en studio pour poser les voix, et c’est lui qui s’occupe du mix.
JustMusic.fr : Ton EP « Cœur en vrac » arrive au printemps : quel univers veux-tu faire découvrir avec ce projet ?
LUTA : Avec cet EP, j’ai envie que les gens qui m’écoutent apprennent à me connaître un peu mieux. C’est un EP évolutif, qui a grandi en même temps que mon chemin de vie, avec un style musical qui évolue lui aussi.
Je me rapproche doucement d’un univers pop soul que j’adore, tout en gardant des sonorités pop anglo-saxonnes qui me tiennent à cœur. J’ai envie d’apporter à la chanson française la richesse des productions anglo-saxonnes. C’est là tout le défi.
JustMusic.fr : Peux-tu me présenter les différents titres ?
LUTA : Le premier titre de l’EP est « Passagère à bord ». De base, il n’était pas destiné à faire partie d’un EP, mais à cette période, j’écrivais beaucoup autour de thèmes similaires. J’avais le cœur en vrac, ce qui a naturellement donné naissance au titre de l’EP, trouvé en deux secondes chrono.
Un an après la sortie de « Passagère à bord », il m’a semblé évident de poursuivre l’histoire et d’en dévoiler la suite. Cette chanson parle des soirées où je sortais avec mes amies sans vraiment me sentir à ma place, un peu comme une passagère à bord d’un train. Je regardais le paysage défiler, mais je n’étais pas actrice du moment.
Le deuxième titre, « Aucun regret », parle du déclic de ma vie. Pendant un voyage en Espagne — un véritable moment de ressourcement et de retrouvailles avec moi-même — j’ai fait le point sur ma vie, et ce qui s’est imposé comme une évidence, c’était mon envie de faire de la musique.
Le troisième titre, « Âme égarée », parle de cette fameuse conclusion que j’avais tirée avec moi-même. Je me trouvais alors sur un chemin de vie qui n’était pas le mien, je me sentais au mauvais endroit, et j’ai traversé une période de profonde dépression. Mais derrière tout ça, il y avait toujours ce petit espoir de croire en la vie et l’envie de ressortir la tête de l’eau.
JustMusic.fr : Vas-tu faire de la scène pour présenter ton EP ?
LUTA : Bien sûr ! Je compte profiter de plusieurs opportunités pour faire découvrir mon EP au public, notamment à travers des concerts intimistes et des premières parties d’artistes. C’est clairement l’objectif de cette année.
JustMusic.fr : Être artiste indépendante, c’est une liberté… ou une pression au quotidien ?
LUTA : Pour moi, c’est une liberté, et le piège est justement de tomber trop vite dans la pression que l’on se met soi-même. Personnellement, je fais très attention à toujours mettre mon bien-être en premier : mon mindset et ma santé sont ma priorité, car sans ça, on ne va pas loin.
Être artiste indépendante, c’est pour moi comme courir un marathon, pas un sprint : il faut tenir sur la durée, rester soi-même, agir de manière constante et croire en l’univers. Je suis à mon compte dans le monde du cheval depuis mes 18 ans, ce qui, je dois l’avouer, m’aide chaque jour à construire ma carrière musicale.
Car avec les chevaux comme avec la musique, il ne faut pas compter ses heures. On travaille un nombre incalculable d’heures, très souvent sans aucun retour sur investissement. C’est pour ça que je privilégie l’action tout en restant détachée du résultat : au pire, je fais ce que j’aime le plus au monde.
Au final, que ce soit avec mes chevaux ou sur scène, c’est le même fonctionnement. Donc, je ne suis pas dépaysée.
JustMusic.fr : Participer à un télé-crochet : ça te tenterait ou c’est complètement à l’opposé de ta façon d’avancer ?
LUTA : Je pense que pour ce genre d’émission, il faut être prêt mentalement et techniquement. Aujourd’hui, je considère que je commence vraiment à être en accord avec moi-même. Alors, si l’occasion se présente, pourquoi pas, mais je ne vais pas tout miser là-dessus non plus.
JustMusic.fr : Quels sont les artistes qui t’inspirent ?
LUTA : Tous les chanteurs anglo-saxons me passionnent, que ce soit pour leur technique vocale ou la façon dont ils posent les mots.
Je suis une énorme fan de Selah Sue et Teddy Swims. J’adore aussi la musique latino, comme le reggaeton, et j’ai envie de l’amener doucement dans ma propre musique.
Côté artistes français, j’aime beaucoup Matt Pokora : pour moi, c’est le meilleur performer du pays. J’aime aussi beaucoup Clara Luciani pour ses arrangements musicaux très chaleureux, et Maëlle pour sa sensibilité.
JustMusic.fr : Qu’est-ce que tu aimerais que les gens retiennent après avoir écouté « Larme en plein cœur » ?
LUTA : J’ai envie que les gens retiennent de « Larme en plein cœur » le côté positif de l’instrumentation. Parce qu’on peut danser sur ses peines, se dire qu’il y a pire, et surtout comprendre que si on reste positif, l’univers finit toujours par nous aider à sortir des situations difficiles.



