INTERVIEW : Rencontre avec More Amour

De passage à Paris pour plusieurs jours de promotion, More Amour a pris le temps de nous rencontrer pour évoquer son nouvel EP « Éclipse ». Entre souvenirs de leurs débuts dans un garage, succès sur les réseaux sociaux, passion de la scène et ambitions pour l’avenir, les trois amis se sont confiés avec beaucoup de sincérité et de bonne humeur.

JustMusic.fr : Pour commencer, comment présenteriez-vous More Amour à quelqu’un qui ne vous connaît pas encore ?

More Amour (Nicolas) : More Amour, c’est avant tout l’histoire de trois amis qui se connaissent depuis la maternelle. On a commencé la musique ensemble au collège et, depuis, on ne s’est jamais quittés. La musique a toujours occupé une place centrale dans nos vies. Aujourd’hui, on propose une pop-rock solaire, intense, introspective et francophone.

More Amour (Paul) : On tient beaucoup à ce côté francophone. Dans notre univers musical, il existe énormément de groupes qui chantent en anglais, et on comprend pourquoi : passer à l’écriture en français peut parfois sembler plus difficile ou plus intimidant. Mais une fois ce cap franchi, il se crée quelque chose de très fort avec le public. Les gens comprennent immédiatement les textes, s’y projettent, et la connexion qui naît de ça est vraiment incomparable.

JustMusic.fr : Votre aventure débute réellement au collège grâce au « Club Orchestre » de votre professeur de musique. Quels souvenirs gardez-vous de cette période ?

More Amour (Nicolas) : C’était une période de découverte à tous les niveaux. On découvrait la musique, le fait de jouer ensemble, de composer, de rêver à tout ce qu’on pourrait faire plus tard. C’est aussi à cette époque qu’on a commencé à répéter dans le garage des grands-parents de Clément. Cette période a été très fondatrice pour nous et, dès qu’on y repense, il y a forcément beaucoup de nostalgie.

More Amour (Clément) : On n’avait pas les responsabilités qu’on a aujourd’hui. Il n’y avait pas de barrières, pas de limites. On se permettait de rêver très grand sans se poser de questions. C’est quelque chose qu’on essaie de conserver encore aujourd’hui.

More Amour (Nicolas) : Il y avait aussi une certaine naïveté. On était très crédules, très spontanés, et ça fait du bien de repenser à cette époque-là parce qu’on était jeunes et frais (sourire).

More Amour (Paul) : Ce qui est marquant, c’est que beaucoup de nos souvenirs les plus forts remontent à cette période. Souvent, quand on cherche une référence ou un souvenir commun, on revient au collège. C’est là qu’on a vécu beaucoup de premières fois, et ce sont des moments qui restent gravés pour toujours dans la mémoire.

JustMusic.fr : À ce moment-là, vous repreniez des groupes comme Green Day ou 5 Seconds of Summer avant de composer vos propres morceaux. À quel moment est vraiment né More Amour ?

More Amour (Clément) : C’est une bonne question. En réalité, depuis le collège, on composait déjà nos propres morceaux et on cherchait à nous construire musicalement et artistiquement. C’était aussi une période où l’on se découvrait en tant que personnes. L’adolescence est un moment de transition très important : on vit beaucoup de premières fois, on découvre la vie, et tout semble prendre une ampleur immense. On a l’impression que chaque décision est déterminante.

More Amour (Paul) : Mais More Amour est véritablement né en 2022 avec la sortie du single « Dynamite ». C’était une étape très importante pour nous, parce qu’on avait envie de repartir de zéro et de faire les choses comme on l’entendait, en mettant à profit toute l’expérience accumulée au fil des années. À partir de ce moment-là, on a vraiment eu le sentiment de lancer le projet tel qu’il existe aujourd’hui.

JustMusic.fr : Votre premier EP « Lunatiques », sorti en mars 2025, a marqué une étape importante dans votre parcours. Quel bilan pouvez-vous me faire de ce projet ?

More Amour (Clément) : Le premier bilan, c’est tout simplement d’exister. « Lunatiques » a été une étape essentielle dans notre parcours.

More Amour (Nicolas) : Pour nous, ça a été un véritable tournant. C’est le premier projet qui a résonné auprès d’autant de personnes, à notre échelle bien sûr. C’est à ce moment-là qu’on s’est dit qu’on commençait réellement à toucher un public. Avant, on s’adressait à une toute petite fanbase, mais on a eu la chance de la voir grandir progressivement.

Ça nous a aussi apporté énormément de confiance. On s’est rendu compte qu’on pouvait écrire des chansons qui touchent les gens. Quand on voit le public venir en concert et reprendre nos titres par cœur, c’est quelque chose de très fort. Je pense notamment à « Je cherche encore », qu’on joue souvent à la fin du set : entendre les gens chanter toutes les paroles nous procure une émotion incroyable.

More Amour (Paul) : « Lunatiques » a également marqué l’arrivée de notre label et de toute l’équipe qui nous accompagne aujourd’hui. C’est devenu un véritable point de référence pour nous. Désormais, quand on travaille sur de nouveaux morceaux ou de nouveaux projets, on peut se demander ce qu’on souhaite conserver de l’esprit de cet EP ou, au contraire, faire évoluer. C’est important d’avoir ce premier repère pour mieux savoir où l’on veut aller.

More Amour (Clément) : C’est surtout le premier projet qui nous a donné des signes concrets qu’il était possible de construire quelque chose avec la musique. Avant, il y avait beaucoup de rêves, beaucoup d’ambition, mais peu de concret. Avec « Lunatiques », les choses se sont matérialisées. On s’est dit : « Là, il ne faut surtout pas s’arrêter. » C’était le premier vrai pas vers quelque chose que l’on espère construire sur le long terme.

More Amour (Nicolas) : Ce projet nous a aussi permis de réaliser que toutes ces années d’efforts n’avaient pas été faites pour rien. Avant More Amour, on avait déjà sorti beaucoup de chansons sous un autre projet, avec très peu d’écoutes. On le faisait uniquement par passion et on n’a jamais arrêté malgré tout. « Lunatiques « nous a montré que cette passion pouvait devenir quelque chose de réel, de plus en plus professionnel. Et ça, forcément, ça fait énormément de bien.

JustMusic.fr : Vous êtes jeunes, vous avez commencé la musique très tôt, mais avez-vous exercé d’autres activités ou envisagé d’autres voies avant de vous consacrer pleinement à ce projet ?

More Amour (Paul) : Depuis le collège, on s’est toujours dit qu’on voulait faire de la musique notre métier. Tous les choix que l’on a faits, que ce soit pour les études ou notre organisation au quotidien, ont été guidés par cette envie. On a même tout fait pour rester ensemble le plus longtemps possible. Ce n’était pas vraiment un sacrifice, parce que ça nous paraissait totalement évident. On n’avait pas spécialement envie d’aller voir ailleurs ou de faire autre chose.

On a tout de même poursuivi des études à Cannes, notamment parce que nos parents tenaient à ce qu’on ait un parcours scolaire. Mais à côté de ça, la musique a toujours été au centre de nos vies. On a aussi eu des petits boulots à temps partiel, mais on s’est vite rendu compte que nos emplois du temps nous empêchaient parfois de nous retrouver pour travailler sur le projet. On a donc choisi de nous lancer en auto-entrepreneurs afin de mieux gérer notre temps et de pouvoir consacrer davantage d’énergie à la musique.

Au final, on peut dire que la musique a occupé une immense partie de notre quotidien depuis des années.

More Amour (Nicolas) : Tous nos choix ont toujours été orientés dans le même sens : optimiser au maximum notre temps pour pouvoir nous retrouver, créer ensemble et faire avancer le projet. C’est vraiment ce qui a guidé chacune de nos décisions.

JustMusic.fr : Votre nouvel EP « Éclipse » est désormais disponible. Qu’a-t-il de différent par rapport au premier et pouvez-vous me le présenter ?

More Amour (Nicolas) : Il y a plusieurs différences, aussi bien dans les sonorités que dans les thématiques. Pour la partie musicale, on a pris « Lunatiques » comme point de départ en se demandant ce que l’on pouvait apporter de nouveau. On avait envie de revenir davantage à nos racines et à ce qui nous a donné envie de faire de la musique au départ.

Sur « Lunatiques », il y avait un côté très pop, chaleureux, avec parfois quelques influences plus ensoleillées ou latines que l’on adore toujours jouer sur scène. Avec « Éclipse », on a souhaité réintroduire davantage d’éléments rock : plus de guitares, plus de distorsion, plus de batterie. Le résultat est un projet plus nerveux, plus brut et plus direct dans son énergie.

Au niveau des textes, on a également voulu explorer autre chose. Sur le premier EP, nous racontions souvent des histoires, notamment autour des relations amoureuses. Cette fois, on a choisi d’aller davantage vers l’introspection et de parler de ce que l’on ressent personnellement.

More Amour (Paul) : On aborde notamment tout ce qui fait partie du quotidien d’un artiste : les doutes, les remises en question, le syndrome de l’imposteur, les questionnements permanents. Ce sont des sujets qui nous touchent directement et dont nous avions envie de parler avec sincérité. On est très fiers d’avoir réussi à les intégrer dans ce projet.

More Amour (Clément) : Le succès de « Lunatiques » nous a aussi permis de prendre confiance en nous. On s’est rendu compte que les gens pouvaient apprécier notre musique, mais aussi ce que nous sommes. Cela nous a donné envie de nous assumer davantage, aussi bien dans notre identité musicale que dans notre écriture.

Sur « Éclipse, » on a donc osé parler davantage de nous-mêmes, de nos émotions et de nos expériences. On a compris qu’il n’était pas nécessaire de raconter uniquement des histoires pour toucher les gens : parler avec honnêteté de ce que l’on vit peut être tout aussi universel.

JustMusic.fr : Est-ce difficile de parler de soi ?

More Amour (Clément) : Oui, je pense que le plus difficile, c’est de trouver les bons mots. Une fois que c’est fait, c’est plutôt libérateur et ça fait même beaucoup de bien. Mais il y a toujours cette question qui revient : est-ce que je suis suffisamment honnête ? Est-ce que ce que je raconte, parce que c’est très personnel, va réussir à toucher quelqu’un d’autre ?

On peut parfois avoir peur que son histoire soit trop intime ou trop spécifique pour résonner chez les autres. Pourtant, je pense que l’honnêteté est souvent ce qui touche le plus les gens. Même s’ils ne s’identifient pas exactement à ce que l’on raconte, ils ressentent la sincérité derrière les mots et y trouvent quelque chose d’émouvant.

Au final, plus on est honnête dans ce que l’on écrit, plus le message a de chances de trouver un écho auprès du public. C’est ce que l’on a essayé de faire avec cet EP.

JustMusic.fr : Qui fait quoi parmi vous trois ? Comment naît une chanson chez More Amour ?

More Amour (Clément) : En réalité, il n’y a pas vraiment de rôle défini. Tout le monde participe à toutes les étapes du processus créatif. Une chanson commence souvent par une idée instrumentale, parfois juste quelques accords ou un petit bout d’instrumental.

Ensuite, on travaille la topline, c’est-à-dire la mélodie vocale. Pendant longtemps, on utilisait parfois des mots ou des sonorités en anglais pour construire cette mélodie, même si on essaie de le faire de moins en moins aujourd’hui afin de rester au plus près de l’univers du morceau.

Une fois qu’on a une structure solide, avec les couplets, le refrain et une direction claire, on passe à l’écriture des paroles. On cherche alors les mots qui sonnent le mieux, qui transmettent le mieux l’émotion que l’on veut faire passer. C’est beaucoup de tests, d’allers-retours et de discussions entre nous.

Au final, chacun apporte ses idées à chaque étape. Il n’y a pas une personne qui écrit, une autre qui compose et une autre qui produit : on est tous impliqués dans l’ensemble du processus créatif. C’est vraiment un travail collectif.

JustMusic.fr : Êtes-vous toujours d’accord entre vous ?

More Amour : Non…

More Amour (Paul) : C’est justement l’avantage d’être trois. Il est assez rare que personne ne soit d’accord. En général, il y a plutôt deux personnes qui partagent le même avis et une troisième qu’il faut convaincre. Cela crée naturellement du débat et nous pousse à discuter davantage de nos idées.

Au final, c’est très positif parce que cela nous oblige à explorer toutes les possibilités avant de prendre une décision. Quand on fait un choix, on sait qu’il a été réfléchi, débattu et qu’il a du sens. C’est aussi ce qui nous permet d’avancer en étant tous alignés sur la direction que l’on veut donner au projet.

JustMusic.fr : Vous partagez énormément de votre quotidien sur les réseaux sociaux et votre concept « Devine qui… » cumule des millions de vues. Comment vivez-vous cette proximité avec votre communauté ?

More Amour (Paul) : Je pense que c’est quelque chose que l’on a toujours recherché. Comme on se connaît depuis très longtemps, on a toujours voulu rester nous-mêmes. Dans les vidéos « Devine qui… », on est vraiment naturels à 100 %. On n’a jamais eu envie de jouer un personnage ou de construire une image artificielle. Comme le disait Clément, il n’y a rien de plus fort que l’honnêteté.

Et, pour être honnête, je ne me rends même pas compte qu’on se livre autant. J’ai tellement l’habitude d’être avec les gars comme ça au quotidien que ces vidéos me paraissent très naturelles. J’ai parfois l’impression que ce sont simplement des souvenirs que l’on crée pour nous-mêmes. Mais les gens adorent parce qu’ils ont le sentiment de nous connaître, voire d’être amis avec nous. C’est exactement le lien que l’on voulait créer dès le départ.

More Amour (Nicolas) : Depuis nos débuts, on a toujours aimé partager notre quotidien. Les premiers contenus qu’on publiait sur Internet, c’étaient des vlogs, parfois très longs, que peu de personnes regardaient finalement. On le faisait simplement parce qu’on aimait ça.

Avec le temps, on a cherché à créer des formats plus accessibles et plus divertissants pour toucher aussi des gens qui ne connaissaient pas forcément notre musique. C’est comme ça qu’est né le concept Devine qui…. Ces vidéos nous ont permis de gagner beaucoup d’abonnés sur YouTube et TikTok et de faire découvrir notre univers à un public beaucoup plus large.

Aujourd’hui, cette communauté est devenue une vraie force. Elle nous apporte de la visibilité, de la crédibilité sur les réseaux et, surtout, elle nous accompagne au quotidien dans notre aventure musicale.

JustMusic.fr : Aujourd’hui, vous cumulez plusieurs millions de vues et de streams. Est-ce que vous réalisez parfois le chemin parcouru depuis les débuts dans ce garage ?

More Amour (Clément) : Honnêtement, on a parfois du mal à prendre du recul. Des fois, on fait des auto-thérapies (sourire), on se pose tous les trois et on repense à toutes les périodes que l’on a traversées, les bonnes comme les mauvaises. Avec le recul, on se rend compte que tout nous a servi à quelque chose et que chaque étape nous a permis d’avancer.

Mais de manière générale, on a beaucoup de mal à valoriser le travail que l’on fait ou que l’on a accompli, parce qu’on est toujours tournés vers l’étape d’après. On prend rarement le temps de se poser pour se dire : « On a quand même fait tout ça. » Aujourd’hui, on n’est pas encore là où l’on aimerait être et, dans notre esprit, rien ne nous paraît vraiment suffisant pour l’instant.

Je pense que cette ambition nous empêche parfois de regarder en arrière et d’être pleinement fiers de nous, mais c’est aussi ce qui nous pousse à continuer d’avancer et à aller toujours plus loin.

More Amour (Paul) : On ne se satisfait pas vraiment de ce que l’on a aujourd’hui. Je pense que c’est aussi le propre de beaucoup d’artistes : toujours chercher un idéal, un objectif à atteindre. Est-ce qu’on l’atteint un jour ? On ne sait pas. Mais c’est cette quête permanente qui nous permet de rester concentrés, ambitieux et motivés pour la suite.

JustMusic.fr : Vous avez déjà donné de nombreux concerts et joué dans de prestigieux festivals. Que représente la scène pour vous aujourd’hui ?

More Amour (Nicolas) : C’est l’accomplissement de tout ce que l’on fait. Depuis toujours, on vit un peu dans notre bulle. C’était déjà le cas quand on s’est rencontrés au collège. On était plutôt timides, on restait souvent tous les trois dans notre coin plutôt que d’aller vers les autres.

More Amour (Clément) : Les gens ne connaissaient même pas nos prénoms (rires) !

More Amour (Nicolas) : Exactement. On a grandi comme ça, toujours très concentrés sur notre univers et sur notre passion. La scène, c’est finalement l’un des rares moments où l’on partage tout ça avec les autres. C’est même le seul endroit où l’on voit concrètement ce que notre musique provoque chez les gens.

Quand on pense à tous les sacrifices que l’on a faits au fil des années, notamment dans nos vies personnelles, on se dit que c’est pour vivre ces moments-là. C’est une gratitude immense. Et évidemment, on espère que de plus en plus de personnes découvriront nos chansons et viendront les partager avec nous.

More Amour (Paul) : C’est aussi le moment où l’on prend le plus de recul. On réalise que ce que l’on crée résonne chez des personnes que l’on ne connaît pas. Quand des gens viennent nous voir après un concert, connaissent les chansons ou nous racontent ce que notre musique représente pour eux, on se dit : « Ah oui, c’est réel. »

À ce moment-là, on comprend qu’on n’est pas simplement trois copains qui font de la musique et des vidéos dans leur coin. Il y a quelque chose qui existe réellement et qui touche des gens.

More Amour (Nicolas) : Ce qui est fou, c’est que la scène nous redonne aussi énormément d’énergie. Comme tous les artistes, on peut parfois traverser des périodes de doute ou de fatigue. Notre quotidien, c’est beaucoup de travail : composer, écrire, enregistrer, créer du contenu… On fait énormément de choses différentes, mais on est toujours ensemble à travailler sur le projet.

Les concerts nous offrent un véritable regain de motivation. Ce sont ces moments qui ravivent la flamme et nous donnent envie de continuer à créer, à écrire et à proposer de nouvelles choses au public.

More Amour (Clément) : Ça rejoint un peu la question précédente sur le chemin parcouru. Sur scène, on prend enfin ce recul. On repense à toutes les années de travail, aux galères, aux réussites, aux expériences que l’on a vécues. Tout revient d’un coup et on se dit que c’était pour ça. Ces 30 ou 40 minutes sur scène donnent du sens à tout le reste.

More Amour (Paul) : C’est un moment privilégié parce qu’il y a un véritable échange. Souvent, les gens nous disent que nos chansons leur apportent quelque chose, mais nous aussi, on reçoit énormément d’eux. Il y a un effet miroir très fort. C’est à ce moment-là que l’on mesure vraiment l’impact que peut avoir ce que l’on fait, même à notre échelle. C’est sans doute la plus belle récompense.

JustMusic.fr : Vous souvenez-vous de votre premier concert ?

More Amour (Nicolas) : Oui, très bien, et honnêtement ce n’est pas forcément un bon souvenir (rires). C’était avant More Amour, lors d’un petit tremplin musical local. On devait être au lycée, en seconde à peu près, et on n’avait absolument aucune expérience de la scène.

À cette époque, on ne savait même pas vraiment ce que signifiait répéter correctement. Combien de fois fallait-il travailler les morceaux ? Comment préparer un concert ? Comment gérer une scène ? On n’en avait aucune idée. En revanche, on avait énormément de confiance en nous. Avec notre naïveté de l’époque, on était persuadés qu’on allait gagner parce qu’on adorait nos chansons.

Au final, il devait y avoir une vingtaine de personnes dans la salle et un jury. On a joué trois ou quatre morceaux, mais pour nous ce concert a été une catastrophe. C’était la première fois que l’on réalisait qu’un concert ne s’improvise pas. Il faut être préparé, organisé et capable de gérer le stress.

More Amour (Clément) : Ce n’est pas comme dans le garage où l’on répétait entre nous. Sur scène, on se met à nu devant des inconnus.

More Amour (Nicolas) : Exactement. Même devant vingt personnes, il y a une pression. On a raté certaines choses, il y a eu des erreurs et, en descendant de scène, je me souviens m’être dit : « La musique, c’est vraiment difficile. »

Avec le recul, ce concert a été extrêmement important parce qu’il nous a fait comprendre l’ampleur du travail nécessaire pour monter sur scène. À partir de là, on est devenus beaucoup plus rigoureux dans notre préparation. Finalement, ce qui nous semblait être un échec à l’époque nous a énormément servi pour la suite.

JustMusic.fr : Comment vous voyez-vous dans quelques années ?

More Amour (Paul) : On espère déjà avoir eu l’occasion de faire une véritable première tournée. À la base, ce qui nous a donné envie de monter un groupe, c’était aussi l’idée de pouvoir continuer à vivre cette aventure entre meilleurs amis, voyager, rencontrer des gens, découvrir de nouveaux endroits et accumuler des expériences ensemble.

Le rêve, c’était de pouvoir vivre tout ça grâce à notre musique, d’en faire notre quotidien et d’être rémunérés pour quelque chose qui nous passionne profondément.

Dans quelques années, on aimerait aussi avoir trouvé une certaine stabilité et pouvoir vivre pleinement de notre musique. Le jour où l’on pourra se lever le matin en sachant que notre seule préoccupation est de créer, composer, écrire et défendre nos chansons, je pense que l’on aura le sentiment de se rapprocher de ce que l’on recherche depuis le début.

Ce sera sans doute le moment où l’on se dira que tous les efforts consentis pendant ces années ont porté leurs fruits. Pouvoir consacrer 100 % de notre temps à la musique, sans avoir à se demander comment concilier le projet avec d’autres activités à côté, ce serait déjà une immense réussite.

JustMusic.fr : Avec quels artistes aimeriez-vous collaborer ?

More Amour (Clément) : C’est une bonne question, mais c’est difficile parce que j’ai énormément d’idoles ! Je pense que j’aimerais surtout faire quelque chose d’assez inattendu, une collaboration que personne ne verrait venir.

Par exemple, j’aimerais beaucoup travailler avec Florent Salfati. On le connaît depuis longtemps, parce qu’on a enregistré nos premiers morceaux dans son studio. On y a passé énormément de temps et il est devenu une sorte de mentor pour nous. Il nous a appris beaucoup de choses sur l’enregistrement, la production et la façon de travailler en studio. On a énormément échangé avec lui au fil des années.

Voir l’évolution de son groupe, LANDMVRKS, est assez impressionnant. Ce qu’ils ont réussi à construire est monumental.

Du coup, je trouverais ça génial de l’inviter sur une chanson très pop, très estivale, presque légère, et d’un seul coup le laisser arriver avec son univers complètement fou. Tu imagines un morceau ensoleillé, avec une ambiance presque latino, puis d’un coup une intervention totalement inattendue de Flo qui fait ce qu’il sait faire de mieux. Je pense que le contraste serait incroyable.

Alors Flo, si jamais tu entends ça, on va essayer de devenir assez connus pour que tu acceptes de collaborer avec nous (rires) !

More Amour : Nous n’avons rien à rajouter, nous sommes d’accord (sourire) !

JustMusic.fr : Pour conclure, quel mot choisiriez-vous chacun pour décrire votre EP « Éclipse » ?

More Amour (Paul) : Introspectif.

More Amour (Nicolas) : Audacieux.

More Amour (Clément) : Honnêteté.

JustMusic.fr : Merci à tous les trois.

More Amour : Merci à toi, c’était cool !

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