INTERVIEW : Rencontre avec Devi Reed

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DeviReed-EssenceOfLife-Visuel (1)JustMusic.fr

A la fois jeune et expérimenté, Devi Reed se sert de son expérience acquise au sein de son ancien groupe The Banyans pour sortir son premier projet solo. Intitulé « Essence of life » (disponible depuis le 19/05), cet album aborde plusieurs thèmes, toujours de façon équilibré.

JustMusic.fr : Ton premier album solo est dans les bacs, dans quel état d’esprit es-tu ? Quels sont tes attentes, tes espérances par rapport à « Essence of life » ?

Devi Reed : J’appréhende pas mal, c’est un peu une prise de risque puisque c’est mon premier projet solo. Il me tarde d’être un mois ou deux après la sortie pour avoir un vrai retour. Je suis dans une bonne dynamique. Mais je me sens plutôt bien parce que pour l’instant j’ai de bons retours, il y a un petit public qui commence à suivre.

JustMusic.fr : Des retours que tu as pu avoir sur scène puisque tu joues certains morceaux du projet depuis quelques temps maintenant ?

Devi Reed : Oui, ça fait un an que j’ai monté ce projet et l’été dernier, on a eu l’occasion de tester des titres en live, sur une vingtaine de dates. On en a profité pour essayer aussi la nouvelle formule à 3: DJ, batterie et chant. Ça fonctionne bien !

JustMusic.fr : Tu as fait partie du groupe « The Banyans » pendant longtemps, comment as-tu décidé de te lancer en solo ? Comment la transition s’est-elle faite ?

Devi Reed : C’est un vrai choix collectif. The Banyans est un projet qui nous demandait beaucoup d’énergie mais la plupart des membres travaillaient sur d’autres choses en parallèle donc ça devenait compliqué. On s’est énormément investi et on ne pouvait pas se permettre d’être à 50%, ce n’est pas un groupe du dimanche. J’avais envie de me lancer en solo depuis quatre ou cinq ans donc c’est bien tombé. Il y a eu une petite nostalgie au départ mais elle reste positive et constructive puisque chacun travaille sur des projets intéressants.

JustMusic.fr : Dans le titre « Quoi de plus beau » tu dis « la solitude n’est pas faite pour moi ». Tu es aujourd’hui en solo, est-ce que c’est dur de travailler seul sur sa musique ?

Devi Reed : (Sourire) En vrai je travaille toujours en équipe, c’est très important pour moi. Je bosse encore avec Clém, le batteur des Banyans. Il y a aussi Otam, qui est un beatmaker de Toulouse et mon manager/booker qui est tout aussi important. En gros, on est quatre, plus quelques personnes de notre entourage. Ça reste collectif sur scène et dans la promotion du projet.

JustMusic.fr : Mais dans ta façon d’écrire, quelle est la différence ?

Devi Reed : Disons que depuis que je crée seul je me mets moins de limites, de barrières, dans ma manière de composer. Comme le projet sort sous mon nom, je peux me permettre d’aborder des sujets plus intimistes sans avoir besoin de rentrer dans un moule, tout en gardant une certaine cohérence évidemment. J’ai plus de liberté de liberté dans la création.

JustMusic.fr : Que t’as apporté cette expérience de groupe pour ce projet ?

Devi Reed : Les Banyans, c’est énormément de choses. L’expérience du live, du studio, de la préparation d’un album avec tout ce que ça comporte. Parce que du texte que j’écris chez moi aux bacs il y a pas mal d’étapes. Toute cette expérience, je la garde dans mon sac à dos et je m’en sers dès que j’en ai besoin.

Concrètement, je ne pourrais pas assurer une sortie d’album et une tournée, si je n’avais pas eu ce bagage. C’est une aventure qui a duré pratiquement dix ans donc ce n’est pas rien.

JustMusic.fr : Ton projet et le premier single s’appelle « Essence of life ». Quelle est l’essence, la nature de ta musique ?

Devi Reed : « Essence of life », c’est vraiment la vie et tout ce qu’on peut voir et ressentir. Ça va des relations humaines, à notre rapport à la nature en passant par un simple sourire. Ce qui m’inspire c’est ce que la vie me donne. J’essaie de rester connecté aux gens, à leurs vibrations, à chaque petit détail qui nous construit. Mon morceau « Quoi de plus beau » est vraiment un bon résumé de mes sources d’inspiration.

JustMusic.fr : Justement on ressent ce morceau « Quoi de plus beau » comme une prise de conscience. Un événement particulier t’a poussé à écrire ce morceau ?

Devi Reed : Je sais que la graine de ce morceau a germé quand je suis parti sur une petite île grecque après une grosse tournée avec les Banyans. On vivait en groupe, on rencontrait le public, on était toujours entouré donc au bout de trois semaines en solitaire, j’ai cogité un peu et je me suis dit que j’aimais bien les gens, les tournées… (Sourire) J’ai fini le morceau dans le bus sur la tournée suivante. C’est ce que je dis dans le refrain; j’aime être seul mais j’ai aussi besoin d’être entouré.

JustMusic.fr : Et « Quoi de plus beau » pour un jeune artiste de sortir son premier projet solo ?

Devi Reed : Je suis très très content. C’est beaucoup d’énergie investie et un vrai challenge. Quand tu es en groupe, tu es porté, tu fais partie d’un collectif. On était sept donc ce n’est forcément pas la même aventure. En solo, tu es vraiment à l’écoute du public, tu réponds à quelqu’un c’est en direct, sous ton nom. Tous les gens du public deviennent tes potes ! (Rires)

JustMusic.fr : Parlons du titre « Red Line ». Comment t’es venu ce morceau et quelle ligne serais-tu prêt à franchir pour continuer à vivre de ta musique et prolonger ta carrière ?

Devi Reed : Le titre est venu d’un constat du monde dans lequel on vit, comment il tourne. C’est aussi une caractéristique de mon écriture d’avoir un côté engagé, conscient, sans vouloir donner de leçon.

On a besoin d’un souffle de vie. Dans ce monde de compétition on est tous dans nos courses à fond et c’est bien de se rendre compte qu’il y a des limites à ne pas dépasser. Que ce soit au niveau de la Terre, de la pauvreté des relations humaines qui fait que tout devient superficiel. C’est cet état d’urgence que je décris dans le morceau. Comme on dit : « La liberté s’arrête où commence celle des autres » donc je suis prêt à aller au bout de ma liberté pour voir les gens kiffer et sourire.

JustMusic.fr : Tu abordes l’enfance aussi dans « L’innocence ». On te sent à la fois nostalgique et heureux de cette période? On est plus libre enfant d’après toi ?

Devi Reed : C’est pour enlever la poussière qui se met sur nos cœurs au fil des années. Ce qui me manque de l’enfance, c’est le fait de vivre à fond l’instant présent. Un enfant ne pense pas à demain et encore moins au passé, ce qui évite les regrets. Jusqu’à un certain âge, il est dans le présent. Pour avoir travaillé avec des enfants, à chaque fois, ils m’ont donné des leçons : c’étaient eux les plus sages. Cette sagesse, cette pureté, on la perd avec les années. Enfant, tu ne penses pas à ce que les autres vont penser, tu avances en étant toi-même. Je vous invite et je m’invite à retrouver ça ! Ma musique c’est mon remède, c’est ma méditation pour retourner en enfance.

JustMusic.fr : En ce qui concerne le morceau « N’oublie pas », on a l’impression que c’est un résumé de l’album? A la fois une conclusion et le fil conducteur du projet ?

Devi Reed : Je trouvais ça sympa de finir sur un titre intimiste, en toute simplicité guitare et voix. J’aime bien dire aux gens de garder confiance. On est tous des artistes chacun à notre manière. Ça permet de finir l’album sur une note positive et conquérante. À la base, ce morceau n’était pas pensé comme une conclusion mais en regardant le projet dans sa globalité, j’ai trouvé que le mettre en dernier était parfait pour finir sur une bonne note.

JustMusic.fr : Tu chantes en anglais & en français, comment tu choisis ? Grâce au thème du morceau? De ton inspiration du moment ?

Devi Reed : Je ne choisis pas vraiment. Soit j’écris et je cale mon texte sur l’instru soit c’est la musique qui m’inspire. Je teste des fois mais c’est assez rare. Si je trouve que ça ne sonne pas, je ne vais pas plus loin. Je le fais vraiment à la vibes. J’ai chanté en anglais pendant huit ans, j’ai passé mon adolescence à traduire les textes de Marley et je suis d’origine néerlandaise donc l’anglais est aussi naturel que le français. J’ai aussi traîné un peu en Jamaïque donc j’ai quelques notions du patois jamaïcain. J’essaye de jouer avec les langues pour que ça glisse le mieux possible.

JustMusic.fr : Tes clips sont à la fois des invitations au voyage et très travaillés, est-ce que tu participes à la réalisation ?

Devi Reed : Un petit peu oui, on échange beaucoup avec notre réalisateur. On réfléchit ensemble, je donne des idées même si c’est lui qui dirige. Il connait son boulot et je suis plus à l’aise sur la scène que devant une caméra.

JustMusic.fr : Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

Devi Reed : Vendre tous les albums, re-presser, re-presser, toucher le cœur des gens, les rencontrer et prendre de good vibes de tout le monde !

Retrouvez Devi Reed sur Facebook et sur Twitter.

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Fabien BRIET

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