INTERVIEW : Rencontre avec Silent Jill

À l’occasion de la sortie de son livre « Mais comment tu fais ? », Silent Jill se confie avec beaucoup de sincérité sur son parcours, la maternité, les réseaux sociaux, ses débuts compliqués, ses projets et les valeurs qu’elle souhaite transmettre à sa communauté au quotidien.

JustMusic.fr : Aujourd’hui, tu es suivie par des millions de personnes entre les réseaux sociaux, tes différents projets et maintenant ce livre. Quand tu regardes ton parcours, est-ce que tu réalises parfois tout le chemin parcouru ?

Silent Jill : C’est une bonne question parce que j’ai souvent des amis qui me font cette réflexion-là. Mais en fait, je suis tellement dans mon train, j’avance, j’avance, j’avance… que je devrais sûrement faire un peu plus souvent des pauses pour apprécier l’instant présent et ce qui est déjà accompli.

Le problème, c’est que je suis très dure avec moi-même et extrêmement perfectionniste. J’ai toujours besoin d’aller plus loin, d’en faire davantage, avec cette sensation permanente que ce n’est jamais suffisant.

Donc je me demande si un jour j’arriverai vraiment à me poser et à me dire : « Bravo Jill, franchement tu reviens de loin. » Mais avec mon caractère, c’est compliqué (sourire).

JustMusic.fr : À quel moment as-tu compris que ton parcours allait prendre une toute autre dimension grâce aux réseaux sociaux ?

Silent Jill : Je pense que c’est vraiment au lancement de ma chaîne YouTube « Silent Jill », qui a été ma toute première chaîne. Il y a eu un engouement très rapide et je me suis dit : « Ah oui, ok… il y a vraiment des gens que ce contenu intéresse. »

C’est là que j’ai eu un vrai déclic, même si j’ai toujours gardé une forme de peur en me demandant si tout ça était éphémère ou si j’allais réussir à construire quelque chose sur le long terme. Parce que pour moi, la longévité, c’est essentiel.

Et finalement, aujourd’hui, on a fêté le million d’abonnés sur la chaîne «  »Silent Jill », ce qui est complètement fou presque dix ans plus tard. Et ce qui est encore plus incroyable, c’est qu’on n’a jamais aussi bien performé que ces deux dernières années. Il y a eu une sorte de revival de la chaîne.

Je pense que le plus important, c’est de savoir se remettre en question, réévaluer son contenu, le faire évoluer avec son époque et surtout ne jamais rester sur ses acquis.

JustMusic.fr : Tu es influenceuse, entrepreneuse, maman de quatre enfants… Est-ce qu’on te demande vraiment tout le temps : « Mais Jill, comment tu fais ? »

Silent Jill : Oui, c’est clairement la question qu’on me pose le plus souvent. Après, moi je préfère le terme « créatrice de contenu » plutôt qu’ »influenceuse ». Aujourd’hui, le mot influenceuse a parfois une connotation un peu négative dans l’esprit de certaines personnes, avec cette image caricaturale de la fille qui vit à Dubaï et qui fait uniquement des placements de produits.

Évidemment, je vis aussi de la publicité, comme n’importe quel média. D’ailleurs, aujourd’hui, je considère vraiment « Silent Jill » comme un média à part entière. Je fais aussi de l’influence parce que ça me permet de faire vivre mes équipes et de vivre de mon métier, mais mon travail va bien au-delà de ça.

Et c’est vrai que quand on voit tout ce que je gère au quotidien, avec en plus quatre enfants, ça demande énormément d’organisation. Donc forcément, c’est une question qui revient tout le temps, surtout de la part des femmes qui me suivent.

JustMusic.fr : Le titre de ton livre est justement Mais comment tu fais ?. Pourquoi avoir eu envie de répondre à cette question aujourd’hui ?

Silent Jill : Je pense que c’est une question de maturité et aussi du fait de se sentir prête, légitime. Moi, j’ai toujours grandi avec un énorme syndrome de l’imposteur. Je me disais : « Mais qui es-tu pour écrire un livre et conseiller des femmes ? »

Et à chaque fois que j’en parlais autour de moi, que ce soit avec mes proches ou des gens du milieu, on me disait : « Jill, je crois que tu ne te rends pas compte de ce que tu apportes aux femmes qui te suivent. » Parce que finalement, ma légitimité vient de mon parcours, de ce que j’ai vécu et traversé.

Ce qui était important pour moi, c’est que ce livre ne soit pas un manuel de développement personnel avec une méthode miracle. Je ne joue pas la coach de vie. C’est avant tout un témoignage, un partage d’expériences et de moments de vie pour transmettre un message positif aux femmes. L’idée, c’est un peu de leur tendre la main et de leur dire : « Viens, je vais te raconter ce que j’ai vécu, les galères que j’ai traversées, parce que je n’ai pas envie que tu passes par les mêmes choses. »

JustMusic.fr : Dans quel état d’esprit étais-tu en écrivant ?

Silent Jill : L’écriture a été un exercice très compliqué. Déjà parce que je n’avais jamais écrit de livre auparavant, mais aussi parce que je n’ai rien arrêté à côté. J’écrivais en plus de tout le reste.

J’ai découvert ce fameux syndrome de la page blanche. Parfois, je ne savais même pas par quoi commencer. Et puis une fois lancée, je pouvais écrire 400 pages sur un seul chapitre ! D’ailleurs, ma maison d’édition, « Éditions Leduc », devait parfois me freiner en me disant : « C’est super, mais là ça fait beaucoup de pages ! » (Rires).

Mais au final, ce livre a presque été une thérapie pour moi. En replongeant dans certaines difficultés pour les raconter aux autres, j’ai aussi eu l’impression de me parler à moi-même. Et honnêtement, ça m’a fait énormément de bien.

JustMusic.fr : Tu évoques énormément de sujets dans ce livre. Quel a été le plus difficile à aborder ?

Silent Jill : Je pense que l’un des sujets les plus compliqués à aborder a été celui de la famille recomposée. C’était très important pour moi de ne surtout pas blesser ou froisser mon ex-mari, le père de mes trois premiers enfants, dans la manière dont j’allais raconter notre divorce et expliquer les raisons de notre séparation.

Parce que mine de rien, quand je parle de ma vie privée, j’implique aussi des personnes qui m’entourent ou qui ont fait partie de ma vie. Et mon ex-mari, les gens savent qui c’est puisqu’il a toujours été visible sur mes réseaux sociaux. Je ne pouvais donc pas simplement cacher son identité.

D’ailleurs, la toute première personne à avoir lu le manuscrit, c’est lui. J’y tenais vraiment parce que je voulais avoir son approbation avant toute chose. J’avais très peur d’avoir écrit quelque chose qui puisse le blesser.

Et finalement, pas du tout. Il m’a dit combien il était fier de moi et de ce que j’avais écrit. Et son approbation m’a vraiment permis de me dire : « Ok, c’est bon, maintenant je peux envoyer le livre à la maison d’édition. »

JustMusic.fr : Tu as connu des débuts compliqués avant le succès. Avec le recul, qu’est-ce qui t’a le plus forgée dans cette période ?

Silent Jill : Principalement le fait d’avoir eu ma première fille et d’avoir assumé cette grossesse toute seule, puisque son géniteur n’a malheureusement pas voulu garder le bébé ni poursuivre notre relation.

Je pense que ça a été l’événement qui a changé ma vie pour toujours. J’ai dû prendre toutes les responsabilités seule et affronter cet abandon. Je me suis retrouvée à me dire : « Ok, maintenant ma fille va dépendre uniquement de moi et de tout ce que je vais mettre en place pour qu’elle ne manque jamais de rien. »

Heureusement, j’ai rencontré Loïc peu de temps après. À l’époque, il était encore à l’université en Belgique, où il faisait des études en sciences de la motricité. Et malgré ça, il a immédiatement pris son rôle de père à cœur. Il a adopté ma fille et ça a évidemment changé énormément de choses dans ma vie.

Mais au départ, j’étais vraiment toute seule. Donc oui, je pense que ça a été l’épreuve la plus marquante et celle qui m’a le plus forgée.

JustMusic.fr : Ta communauté aime ta spontanéité et ton humour. Était-ce important pour toi de garder ce ton naturel dans le livre aussi ?

Silent Jill : Oui, complètement. Quand j’ai écrit ce livre, j’avais envie que les gens m’entendent parler en le lisant. À la base, ce livre s’adresse vraiment à ma communauté. Évidemment, s’il touche encore plus de monde, ce serait incroyable, mais je voulais surtout que les personnes qui me suivent ne se disent jamais : « Ce n’est pas elle qui a écrit ce livre. »

C’était donc très important pour moi de conserver ma manière de parler, mon ton naturel, comme une vraie discussion.

Et récemment, plusieurs abonnés sont venus me voir après avoir lu le livre en me disant : « C’est drôle parce qu’on t’entend parler en lisant. » Et honnêtement, c’était le plus beau compliment qu’on pouvait me faire parce que c’est exactement ce que je voulais transmettre.

JustMusic.fr : Être maman tout en exposant une partie de sa vie sur les réseaux, ce n’est pas toujours simple. Comment protèges-tu ton équilibre familial ?

Silent Jill : En montrant uniquement ce qui, selon moi, peut être montré. Je ne franchis jamais certaines limites. Je peux parfois parler des moments difficiles ou des mauvaises périodes, mais je ne les filme jamais. Et surtout, je ne mets rien en scène, encore moins mes enfants.

Je respecte aussi le fait qu’ils n’ont pas toujours envie d’être filmés et qu’ils aient un droit de regard sur leur image. Bon évidemment, c’est un peu plus compliqué de demander à ma fille de trois ans et demi si elle est d’accord ou non, mais je fais toujours en sorte qu’un enfant reste un enfant. Il ne sort jamais de ce cadre-là.

Pour moi, tout doit rester très sain, naturel et authentique.

Après, c’est important de garder un équilibre avec des moments sans caméra, sans réseaux sociaux, où il y a juste notre vie de famille normale. Et puis je leur explique aussi que tout ça reste avant tout un métier.

Je pense qu’au final, c’est surtout une question de juste milieu : montrer certaines choses, mais sans jamais trop montrer non plus.

JustMusic.fr : En parallèle des réseaux et de ce livre, tu développes aussi ta marque « Yashi ». Peux-tu m’en dire quelques mots ?

Silent Jill : Bien sûr. On a cofondé « Yashi » avec mon conjoint Simon en 2021. À la base, le but était de créer une marque de parfums d’intérieur et de bougies fabriquées en Belgique, coulées à la main dans un atelier belge, avec des verres de haute qualité fabriqués en Pologne.

On a aussi voulu associer cet univers à la lithothérapie, c’est-à-dire aux bienfaits que certaines pierres peuvent apporter. Alors évidemment, chacun est libre d’y croire ou non, mais toutes nos pierres possèdent le label « Conscious Stones », ce qui garantit une provenance éthique et traçable.

Elles sont sélectionnées par Chloé Sarasola, une gemmologue belge incroyable spécialisée dans les pierres précieuses et semi-précieuses. On travaille directement avec elle pour toute cette partie-là.

Au-delà de la bougie en elle-même, j’avais surtout envie que les gens achètent une intention, un moment pour eux. Pour moi, allumer une bougie, c’est une façon de faire pause dans son quotidien, de se reconnecter à soi-même et de prendre un instant pour respirer.

J’avais envie de ritualiser ce moment-là. Quand quelqu’un rentre chez lui après une longue journée stressante ou épuisante, le simple fait d’allumer une bougie peut aider à relâcher la pression et à retrouver un peu de calme.

Aujourd’hui, on travaille aussi avec ma sœur, donc on est désormais trois dans l’entreprise. Et honnêtement, ça fonctionne super bien. On reçoit d’excellents retours et on est en train de préparer plein de nouvelles collections.

JustMusic.fr : Tu viens également de participer à « The Pact », une émission d’aventure sur YouTube. Qu’est-ce qui t’a donné envie de relever ce défi ? Qu’as-tu découvert sur toi-même à travers cette aventure et ce format très différent de tes contenus habituels ?

Silent Jill : Quand on me l’a proposé, j’ai tout de suite dit oui parce que j’adore les challenges. Je suis quelqu’un d’assez aventurier de nature et j’aime sortir de ma zone de confort. Bon… sauf le saut en parachute, ça c’est non ! (Rires).

Mais cette aventure-là me tentait énormément. Et puis c’était hyper challengeant parce que j’étais entourée de candidats qui avaient déjà participé à « Koh-Lanta » ou « Pékin Express ». Ils avaient tous vécu des expériences physiques et émotionnelles très intenses, contrairement à moi.

Du coup, je me suis dit : « Ok, j’ai envie de voir où je me situe par rapport à eux. »

Je ne peux pas encore dire à quelle place j’ai terminé, mais ce que je peux dire, c’est qu’en arrivant, je ne me donnais aucune chance. Honnêtement, je n’aurais même pas parié un euro sur moi. Et pourtant, je suis ressortie extrêmement fière de moi. Je me suis vraiment battue jusqu’au bout.

C’était une aventure incroyable, d’autant plus qu’on le faisait pour une association. Et forcément, ça donne encore plus de motivation pour aller le plus loin possible.

JustMusic.fr : On sait aussi que la musique a fait partie de ton parcours. Est-ce un univers dans lequel tu aimerais revenir un jour ?

Silent Jill : J’y suis revenue il n’y a pas si longtemps avec un single sorti avec mon meilleur ami Ben’Do, qui est un chanteur belge incroyable. Le titre est même passé en radio en Belgique, donc ça a été une vraie petite fierté personnelle.

À la base, c’était presque un pari avec mon compagnon qui nous disait : « Mais non, vous n’allez jamais réussir à faire un morceau qui passe en radio. » On s’est dit : « Attends un peu… » et finalement, on a réussi à relever ce challenge. Donc c’était une super expérience.

Mais honnêtement, aujourd’hui, je n’ai pas forcément envie de repartir de zéro pour développer une véritable carrière musicale. On sait à quel point ce milieu est compliqué. Et avec l’arrivée de l’IA, ça devient même de plus en plus difficile pour les artistes.

Je pense que je suis très bien là où je suis actuellement, dans l’audiovisuel. Mon envie aujourd’hui, c’est surtout de continuer à développer l’univers de « Silent Jill » et de faire grandir tous ces projets-là dans le futur.

C’est déjà énormément de travail… et puis j’ai 38 ans aussi ! (Rires).

JustMusic.fr : Quels sont tes coups de cœur musicaux ?

Silent Jill : Je suis très fan d’Olivia Dean. Je trouve sa voix absolument incroyable et ses chansons super chouettes.

J’écoute beaucoup Bad Bunny, Tems et Vacra.

J’ai eu un énorme coup de cœur pour Lumï. Il faut absolument écouter ce qu’elles font, c’est extraordinaire. On est allés les voir dans un tout petit concert intimiste à Bruxelles et c’était juste fou.

Parmi mes derniers gros coups de cœur avec un de mes fils, il y a « Decide » de Djo.

Et puis évidemment, le dernier album de Justin Bieber. Franchement, pour moi, c’est le roi (sourire). J’ai trouvé ses prestations à Coachella incroyables.

JustMusic.fr : Si tu avais poursuivi la musique aujourd’hui, vers quel univers musical te serais-tu dirigée ?

Silent Jill : J’aurais adoré faire quelque chose dans un style à la Dua Lipa, que j’adore. Je l’ai vue en concert et elle était incroyable.

J’aimerais faire une pop assez moderne, efficace, avec ce côté très travaillé qu’on retrouve dans son album « Future nostalgia », qui est pour moi une vraie pépite.

J’adore ces sonorités-là, et puis la voix de Dua Lipa aussi. Ce sont des morceaux que je chante souvent à tue-tête dans la voiture (sourire).

JustMusic.fr : Ton livre parle beaucoup de « safe place ». Aujourd’hui, qu’est-ce qui représente ton véritable refuge dans la vie ?

Silent Jill : Chez moi. Ma maison, c’est vraiment mon refuge, mon sanctuaire. C’est l’endroit où je me sens le mieux et où je peux totalement déposer les armes.

Je sais que j’y suis en sécurité, entourée uniquement de personnes qui m’aiment et qui me connaissent réellement. Là-bas, personne ne me juge, personne ne m’invente mille vies.

C’est vraiment mon endroit à moi.

JustMusic.fr : « Mais comment tu fais ? » est disponible depuis le 21 mai mais comptait déjà des milliers de précommandes. Tu vas prochainement partir à la rencontre de ton public entre la Belgique et la France pour des séances de dédicaces. Face à ce premier succès, penses-tu déjà à écrire d’autres livres ?

Silent Jill : Oui, clairement, parce que j’ai vraiment adoré l’exercice de l’écriture. Et j’ai surtout très hâte de commencer les dédicaces parce que ce sont des moments que j’aime énormément.

Mine de rien, en tant que créatrice de contenu, on ne voit pas souvent son public contrairement aux chanteurs ou aux artistes qui montent régulièrement sur scène. Donc ces rencontres-là sont très précieuses et donnent énormément de motivation pour continuer à créer encore plus de choses.

On reçoit tellement d’amour pendant les séances de dédicaces que ça fait énormément de bien, surtout quand on doit aussi faire face au harcèlement sur les réseaux sociaux. Ça permet de ressentir l’inverse, en vrai, et de voir concrètement ce que les gens nous transmettent.

Et oui, j’ai envie de continuer à écrire. Je ne sais pas encore exactement sur quoi parce que j’ai plusieurs idées en tête, mais ce qui est sûr, c’est que ce ne sera pas mon dernier livre.

JustMusic.fr : Quand tu regardes ton parcours, quel moment te rend le plus fière ?

Silent Jill : Je pense que ce qui me rend le plus fière aujourd’hui, c’est vraiment mon rôle de maman.

Le fait d’avoir des enfants heureux, bien dans leurs baskets et qui ont la liberté d’être pleinement eux-mêmes, c’est ma plus grande fierté et sans doute ma plus belle réussite.

JustMusic.fr : Pour conclure, quel message aimerais-tu transmettre à toutes les femmes qui se reconnaîtront dans ton histoire ?

Silent Jill : De ne surtout jamais écouter ce que les autres disent d’elles. Bien souvent, on avance en fonction du regard des autres ou de ce qu’ils ont décidé pour nous. Les gens aiment beaucoup nous tracer un chemin déjà tout fait dans leur tête et parfois, on finit par les croire.

Alors qu’au final, la meilleure chose à faire, c’est de se faire confiance, de vraiment s’écouter et d’aller dans la direction qu’on a envie de prendre.

Et surtout, il faut apprendre à devenir sa propre priorité. Parce que quand on est bien avec soi-même, on devient forcément plus disponible et plus apaisé pour les autres.

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