À travers son EP « Le chemin », Naumaur dévoile un univers intime et sincère, nourri par les émotions du quotidien et son parcours personnel. L’artiste originaire de Caen revient sur ses débuts, ses inspirations et ses envies pour la suite.
JustMusic.fr : Ton nouveau single « Le meilleur de mes potes » évoque la solitude derrière le rôle du « meilleur pote ». Comment est née cette chanson ?
Naumaur : Cette chanson est née lorsque je suis arrivé en session studio avec cette idée en tête : parler d’un mec qui arrive en soirée et commence un peu à juger tous les gens qui l’entourent. C’est en quelque sorte le regard d’un gars qui joue beaucoup un rôle. Puis, au fil de la chanson, il se rend compte qu’au final, le plus important, c’est d’être bien accompagné et entouré. D’où cette phrase qui dit qu’on a besoin des autres, surtout dans les pires moments, quand on a besoin d’une main sur l’épaule. C’est donc un titre assez personnel.
JustMusic.fr : Est-ce difficile pour toi de te livrer autant dans tes textes ?
Naumaur : Non, pas vraiment, parce que c’est un peu ce que je fais souvent. J’aime bien parler de sujets du quotidien, et notamment de ce qui a pu m’arriver ou non dans ma vie. J’aime raconter les émotions, les ressentis, tout ce qui peut se passer intérieurement. Mais je garde toujours ce truc de ne pas trop en dire non plus, pour essayer d’être le plus universel possible et ne pas entrer dans des détails qui m’impactent personnellement. L’idée, c’est que tout le monde puisse se projeter et se reconnaître dans tout ça.
JustMusic.fr : Après l’accueil réservé à « Le Chemin », dans quel état d’esprit es-tu aujourd’hui avant cette nouvelle sortie ?
Naumaur : Écoute, je suis toujours super content et ravi de voir qu’il y a autant de retours, et surtout que ma communauté continue de me suivre et d’être derrière moi à chaque sortie et chaque annonce. Je crois que j’ai vraiment de la chance d’avoir un super public, des gens motivés qui me donnent énormément de force. Je ne suis pas du genre à me dire que je mérite tout ça, mais ça fait vraiment du bien. Ça donne surtout envie de continuer, d’aller de l’avant, de proposer encore plus de choses, de travailler davantage et de faire grandir tout ça de la meilleure façon possible.
JustMusic.fr : Tu cites souvent Bigflo & Oli, OrelSan ou Fredz parmi tes influences. Qu’est-ce qui t’inspire chez eux ?
Naumaur : En vrai, Bigflo & Oli et OrelSan, ce sont des artistes que j’écoute depuis des années et avec lesquels j’ai grandi. Ce sont des gens qui arrivent à parler de thématiques très diverses, mais toujours avec une simplicité qui fait écho à tout ce que je peux ressentir. Ce que j’aime chez eux, c’est que quand tu écoutes une chanson, tu as l’impression qu’ils parlent de toi. Je trouve ça fascinant et super fort. On pourrait croire que c’est simple et que tout le monde peut le faire, mais en réalité ils ont atteint un niveau énorme. C’est une vraie source de motivation au quotidien de pouvoir écouter des artistes comme eux, capables de parler de tout avec autant de justesse.
JustMusic.fr : Avant la musique, il y a eu la photo et le graphisme. En quoi ton travail visuel influence-t-il ton univers artistique aujourd’hui ?
Naumaur : Ça m’apporte surtout un regard en plus. Après, j’adore travailler avec des personnes extérieures sans forcément trop imposer ma vision. J’aime aussi écouter celle des autres, parce que je pense que c’est ce qui nourrit encore davantage le travail, surtout dans l’image. Le fait de laisser les gens proposer et créer librement apporte beaucoup.
De mon côté, ça me donne évidemment une certaine vision et un regard plus précis. Je sais ce que je n’ai pas envie de faire, mais aussi ce que j’ai envie de montrer dans mon image. J’essaie de rester le plus simple et le plus authentique possible, fidèle à ce que je suis et à ce que je veux représenter. Le fait d’avoir travaillé avec beaucoup de personnes différentes m’a simplement permis de développer un regard un peu plus poussé.
JustMusic.fr : Ta rencontre avec Joseph Kamel semble avoir marqué un tournant dans ton parcours. Qu’est-ce qu’elle a changé pour toi ?
Naumaur : Joseph, ça fait quand même plusieurs années que je le connais. On s’est rencontrés bien avant qu’il soit signé en label. C’est un ami de très longue date, ça fait une dizaine d’années qu’on se connaît. Le vrai tournant est arrivé au moment où j’ai commencé à travailler avec lui en photo et vidéo. Pourtant, on faisait déjà de la musique ensemble avant ça, notamment lors de soirées ou de sessions jam qu’on organisait dans des bars.
À un moment, il a eu besoin d’un vidéaste et d’un photographe, ce que je faisais déjà à côté grâce à mes études. Il m’a alors complètement ouvert les portes de ce milieu-là. J’ai découvert les tournées, les scènes, notamment grâce aux premières parties de Julien Doré dans les Zénith, toute cette ambiance… Ça m’a aussi permis de le photographier et, comme on avait déjà ce passé musical ensemble, il m’a un jour proposé de refaire du son.
On a sorti un morceau ensemble et, grâce à cette session, on m’a proposé de signer dans le même label que lui. C’est vraiment à ce moment-là qu’il y a eu un déclic : retourner pleinement dans la musique et développer mon propre projet artistique.
JustMusic.fr : Peux-tu me présenter ton EP « Le chemin » ?
Naumaur : C’est un EP qui englobe plusieurs thématiques de ma vie. Il parle beaucoup des sentiments familiaux, mais aussi de tout ce que je peux ressentir. En fait, « Le chemin », c’est vraiment un parcours de vie, ce que j’ai voulu représenter à travers ce projet. Il raconte un peu tout ce qui m’a construit et ce qui fait ce que je suis aujourd’hui.
C’est quelque chose de très introspectif, personnel et sentimental, parce que c’est aussi une forme de déclaration d’amour à différentes personnes qui ont fait partie de mon quotidien.
JustMusic.fr : Comme tu le disais, il y a de bons retours et ta communauté grandit. Est-ce que tu ressens une pression particulière pour la suite ?
Naumaur : Non, parce que je n’ai pas envie de me mettre de pression. Je préfère me dire que j’ai la chance de pouvoir vivre tout ça et je vais simplement faire en sorte de continuer. Après, je pense qu’il y a toujours ce petit réflexe de se demander de quoi sera fait demain, mais j’essaie justement de ne pas trop aller dans ce sentiment-là.
Je préfère me dire : « On n’a qu’une vie, alors il faut y aller. » Parce que si on ne le fait pas, on risque surtout d’avoir des regrets. Donc aujourd’hui, j’avance. Il y a forcément un peu de pression, mais c’est une pression saine, pas quelque chose qui me pèse au quotidien.
JustMusic.fr : Va-t-on pouvoir te voir sur scène prochainement ?
Naumaur : Prochainement, je ne sais pas encore, ce n’est pas vraiment prévu pour le moment. Là, on est surtout en train de travailler sur la suite en studio afin de proposer de nouvelles choses. Mais c’est évidemment une vraie ambition. J’ai très envie de rencontrer le public, d’échanger avec lui et qu’on puisse chanter ensemble.
Je ne peux pas encore donner de date, mais le plus vite possible serait le mieux, parce que c’est vraiment quelque chose dont j’ai envie. Le live, c’est aussi tout un univers à développer et à construire avec une équipe. Il y a énormément de choses à imaginer autour de ça, donc oui, c’est une très belle ambition pour la suite.
JustMusic.fr : Justement, que prépares-tu pour la suite ?
Naumaur : La suite, ce sont surtout de nouveaux morceaux. En ce moment, je suis très souvent en studio. J’ai la chance de travailler avec des producteurs que j’adore et dont la plupart sont devenus des amis.
La suite, c’est donc une nouvelle musique, une nouvelle page et une nouvelle année qui s’ouvre. On y va à fond.
JustMusic.fr : Aujourd’hui, quel regard portes-tu sur le jeune garçon de Caen qui écrivait ses premiers textes à 12 ans ?
Naumaur : Il y a quand même une petite fierté. Je me dis que j’ai bien fait de continuer et surtout d’avoir eu le courage, un jour, de sortir de ma chambre. C’était un très beau cocon, un endroit dans lequel je me sentais bien et qui m’a protégé pendant de nombreuses années. Mais en grandissant, j’ai eu envie d’ouvrir un peu la porte, de découvrir l’horizon qui s’offrait à moi et d’aller de l’avant.
Aujourd’hui, si je pouvais parler au garçon de 12 ans que j’étais, je lui dirais simplement de continuer et d’avoir le courage d’avancer. Je pense que le regard que je porte sur lui aujourd’hui, c’est surtout un regard de fierté.
JustMusic.fr : Tu te souviens de ton premier texte ?
Naumaur : Oui, totalement. Le premier texte que j’avais écrit parlait justement de mon frère et de ma sœur. Ce qui est drôle, c’est que ce n’est pas le même texte qu’à l’époque, mais cette thématique est restée. C’était le premier morceau que j’avais rappé dans le bus en allant au collège. D’ailleurs, il faudrait vraiment que je retrouve cette vidéo, parce qu’il me semble qu’elle existe encore.
Et aujourd’hui, cette idée est devenue un morceau avec une écriture plus mature et plus posée, qui s’appelle « On tourne en rond » et qui fait partie de l’EP « Le chemin ». C’est fou de se dire qu’après une quinzaine d’années, la thématique du tout premier texte devient finalement celle d’un morceau officiellement sorti.
JustMusic.fr : Que nous conseillerais-tu d’écouter ?
Naumaur : Je suis récemment tombé sur le dernier album de 47ter que j’ai adoré. Il y a aussi le dernier album de Bigflo & Oli et bien évidemment celui de OrelSan.
En fait, ils se sont un peu suivis dans mes écoutes : Orelsan, Bigflo & Oli puis 47ter. Comme c’est le style de musique que j’écoute très souvent, ce sont vraiment les trois albums que je pourrais conseiller. Je les écoute énormément, surtout le matin pour me réveiller.
JustMusic.fr : Que peux-tu rajouter pour donner envie aux personnes qui ne te connaissent pas de découvrir ton univers ?
Naumaur : Si les gens sont curieux et qu’ils ont envie de passer un moment tranquille et chill, alors ils sont les bienvenus. Je pense qu’on est du genre à accepter tout le monde et à vouloir partager un bon moment ensemble. Moi, je ne ferme la porte à personne, donc s’ils ont envie de l’ouvrir, ce sera avec grand plaisir.
JustMusic.fr : Et à ton public ?
Naumaur : Je vais faire une déclaration d’amour, mais en vrai, un immense merci. Sans eux, je ne suis pas grand-chose et je pense qu’aucun artiste n’est vraiment grand-chose sans son public. Aujourd’hui, je suis super fier de voir autant de personnes commencer à me suivre, donner leur avis et être aussi bienveillantes.
J’ai très rarement de mauvaises critiques, voire quasiment jamais. Donc je veux simplement leur dire merci, un merci sincère qui vient vraiment du cœur. Merci à toi aussi.





