INTERVIEW : Rencontre avec Rouquine

Nous avons eu un gros coup de cœur pour Rouquine ! Nino et Sébastien nous ont reçus dans leur studio pour tout nous dire sur leur début prometteur. Leur nouveau single sera d’ailleurs disponible le 22 avril !

JustMusic.fr : Pouvez-vous me raconter votre parcours et me dire comment vous êtes tombés dans la musique ?

Nino (Rouquine) : C’est assez simple, il y avait un piano chez mes parents et ils m’ont inscrit au Conservatoire de musique quand j’avais 5 ans. Après ça s’est fait naturellement car je suis allé jusqu’au bout du cursus. Parallèlement à ça, j’ai monté mes premiers groupes de musique.

Sébastien (Rouquine) : Depuis que je suis tout petit j’écoute de la musique car mes grands frères et grandes sœurs en écoutaient beaucoup. Pour ma part ce n’était pas un piano, mais une guitare qui traînait à la maison (sourire). Elle appartenait à mon grand-frère et il m’a appris à en jouer. J’ai continué tout seul et j’ai aussi monté des groupes, jusqu’à ce qu’on en fasse un ensemble.

JustMusic.fr : Vous avez commencé dans le groupe « Babel », vous étiez 4 et finalement vous avez continué à 2. À partir de quand avez-vous créé Rouquine ?

Sébastien (Rouquine) : En 2019 et nous sommes arrivés en 2020.

Nino (Rouquine) : Le groupe s’est créé pendant le confinement avec des chansons qu’on avait faites post Babel et on ne savait pas trop quoi en faire. Au bout d’un moment notre répertoire était assez conséquent pour faire un groupe et ça s’est fait assez naturellement.

Sébastien (Rouquine) : Ce sont les chansons qui nous ont emmenés à faire un groupe.

JustMusic.fr : Le grand public vous a découvert dans « The Artist » et vous avez gagné l’émission. Qu’est-ce qui vous a poussé à y participer ?

Sébastien (Rouquine) : C’est le fait que c’était orchestré par Nagui. C’est lui qui a créé « Taratata » et c’est un vrai mélomane. Nous avons aimé aussi ce côté live TV grand public de qualité, qui est sa marque de fabrique. Le fait de pouvoir jouer nos compositions étaient également important, car c’est un tremplin promotionnel conséquent.

JustMusic.fr : Est-ce qu’on peut dire qu’il y a un avant et un après « The Artist » ?

Nino (Rouquine) : Oui, ça a été un vrai tremplin et ça a accéléré beaucoup de choses dont la production du disque, rentrer en radio et pouvoir enchaîner sur une belle tournée. Nous avons gagné deux ans de développement de projet, et nous avons également rencontrer des artistes qui nous ont embarqués pour leurs premières parties comme Gaëtan Roussel. « The Artist » a été une belle exposition pour nous !

JustMusic.fr : Votre EP « Mortel » est disponible donc nous allons parler des 4 titres.

« Mortel » parle d’un homme qui apprend qu’il est malade, qu’il ne lui reste qu’un jour à vivre donc il va en profiter. Et vous que feriez-vous si vous étiez dans la même situation ?

Sébastien (Rouquine) : Je ferais une dernière fête avec les gens que j’aime. C’est très difficile de répondre à cette question mais je pense que je ferais comme dans la chanson.

Nino (Rouquine) : Le truc c’est que s’il ne nous restait qu’un jour à vivre, on perdrait tellement de temps à réfléchir à ce qu’on voudrait faire qu’il ne nous resterait plus de temps (rires). Je ferais aussi une grande fête !

JustMusic.fr : « Tombé » parle de naissance, de daronne… Pouvez-vous me le présenter ?

Sébastien (Rouquine) : Ça parle d’une naissance vue du point de vue du bébé. On le fait parler comme un adulte, ce qu’il se passe dans sa tête. Naître n’est pas une partie de plaisir tout comme accoucher.

JustMusic.fr : Pourquoi les enfants sont des gros enfoirés ?

Nino (Rouquine) : Parce que qui aime bien châtie bien (sourire).

Sébastien (Rouquine) : Je pense que tous parents « qui se respectent » se le sont déjà dit au moins une fois dans leur vie. A partir du moment où on devient parents c’est un mélange des deux, c’est évidemment beaucoup de tendresse et d’amour, mais c’est aussi un ras le bol quand on ne dort pas, qu’on ne voit plus ses potes, qu’on n’a plus de vie sexuelle… A la fin nous sommes partagés entre le ras le bol et un amour sans conditions.

JustMusic.fr : Pourquoi parler d’amour en évoquant la technologie dans « Cyborg » ?

Sébastien (Rouquine) : Parce qu’il semblerait que l’amour fait de nous des humains. Nous sommes émotifs et sentimentaux comme on le dit dans la chanson. En même temps on se « technologise » de plus en plus, on est de plus en plus « algorithmés »… Il semblerait qu’on devienne autre chose que des humains, donc est-ce qu’on va encore être amoureux et ressentir les mêmes choses en allant vers ce mélange d’humain et de robot ? Nous posons surtout des questions dans la chanson, sans forcément donner des réponses.

JustMusic.fr : Vos textes sont très crus, vous n’ y allez pas par quatre chemins pour dire les choses. Vous n’avez pas peur de choquer ?

Sébastien (Rouquine) : Pas du tout ! Si on choque c’est comme ça et ce n’est pas ce qu’on recherche.

Nino (Rouquine) : Je dirais surtout que ça interpelle plus les gens que ça les choquent. Il y a une certaine accroche d’être comme ça.

JustMusic.fr : Qui fait quoi dans le groupe ? Comment procédez-vous pour écrire une chanson ?

Nino (Rouquine) : Nous avons la chance d’avoir chacun notre domaine de prédilection. Sébastien est auteur et moi compositeur, du coup nous ne faisons aucun compromis et nous sommes chacun dictateur. C’est important d’aller au bout de nos idées car nous avons été frustrés dans notre précédent groupe à faire de la fausse diplomatie pour que chacun y trouve son compte. Pour qu’une idée artistique vive pleinement, il ne faut faire aucun compromis !

JustMusic.fr : Vous êtes en pleine préparation de votre premier album alors je veux tout savoir…

Nino (Rouquine) : Nous sommes à la fin et c’est la dernière ligne droite.

Sébastien (Rouquine) : Il devrait sortir fin août et on devrait le terminer dans un mois et demi. Il y aura des morceaux très énergiques et solaires, d’autres plus posés voire très mélancoliques. Il va avec les différents thèmes qu’on aborde et on évoque plein de stades différents de la vie. Il y a la naissance, la mort, la vieillesse d’un parent avant qu’il meure, une histoire d’amour heureuse qui commence, une rupture, une première fois… On retrouvera des ambiances musicales très diverses.

JustMusic.fr : Vous êtes actuellement en tournée en première partie ou en tête d’affiche. Comment ça se passe ?

Nino (Rouquine) : Super ! C’est assez énorme pour nous de faire notre première tournée et de voir que les gens chantent déjà nos chansons. Nous avons la chance car « Mortel » passe beaucoup en radio donc les gens connaissent les paroles. Nous parcourons toute la France à la rencontre de notre public et celui des artistes pour qui nous faisons les premières parties. Pour un groupe en développement nous avons également la chance de faire une tournée des festivals dès fin avril comme « Le Printemps de Bourges » ou encore le « Fnac Live » !

JustMusic.fr : Quels souvenirs gardez-vous du Café de la Danse le 15 décembre dernier ?

Sébastien (Rouquine) : C’était fou, c’était énorme et c’était dingue ! Il y avait une ambiance de folie ! On sortait de trois jours intenses de résidence pour préparer le show et on était encore dans notre bulle. Nous étions tous ensemble et ça fait beaucoup de bien ! C’était magique !

JustMusic.fr : Vous écrivez aussi pour d’autres artistes, Nino tu les accompagnes sur scène également… Pouvez-vous me dire quelques mots sur vos projets parallèles ?

Sébastien (Rouquine) : J’ai écrit quelques textes pour d’autres artistes dont Patrick Bruel. Ça devrait logiquement être son prochain single et ça a été composé par Nino. J’ai aussi écrit pour un rappeur qui s’appelle Némir. Je n’accompagne pas d’artistes en tournée, mais je fais pas mal d’accompagnement scénique, une sorte de metteur en scène pour des groupes. Je monte des spectacles avec des détenus, des jeunes, des toxicomanes… J’aime beaucoup faire ça en parallèle de Rouquine, quand j’ai le temps.

Nino (Rouquine) : J’ai travaillé sur « Phœnix » le nouvel album de Lord Esperanza qui sortira dans quelques semaines, Cheri un jeune artiste qui va sortir son premier EP bientôt, le prochain album d’Olivia Ruiz ou encore Eddy de Pretto notamment.

JustMusic.fr : C’est comment de travailler pour d’autres artistes ?

Nino (Rouquine) : C’est différent car on est un peu plus détaché, donc ça permet un recul qui n’est pas inintéressant. Composer pour soi-même a une saveur particulière car on sait qu’on va les défendre sur scène. Quand j’enregistre ma voix j’y mets plus de mon intime alors que pour quelqu’un d’autre la chanson ne m’appartiendra pas.

JustMusic.fr : Quels sont vos coups de cœurs musicaux du moment ?

Sébastien (Rouquine) : Oliver Malcolm que nous avons découvert il n’y a pas longtemps. J’ai écouté le dernier Médine et j’ai bien aimé les textes qui sont très frontaux et pertinents. Et un groupe suisse Black Sea Dahu qui fait une folk très belle et mélancolique.

Nino (Rouquine) : Il faudrait que je regarde sur Spotify mais je dirais aussi Oliver Malcolm (sourire).

JustMusic.fr : Pour finir, que pouvez-vous ajouter pour donner envie au public de venir vous voir à la Cigale le 9 novembre prochain ?

Sébastien (Rouquine) : D’ici là on aura des nouveautés par rapport aux gens qui nous ont vu au Café de la Danse notamment. Ce sera une nouvelle mise en scène.

Nino (Rouquine) : Comme on sortira de la tournée des festivals nous serons chauds bouillants ! Venez nous voir car les retours qu’on a sont que les morceaux ont une deuxième vie en live.

Sébastien (Rouquine) : C’est vrai qu’on les interprète de façon différente car on ajoute des choses tout le temps. C’est une redécouverte !

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