INTERVIEW : Rencontre avec Nilda Fernández

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Nilda Fernandez JustMusic.fr

Nous sommes partis à la rencontre de Nilda Fernández à la REcyclerie à Paris pour la sortie de son livre « Contes de mes 1001 vies ».

JustMusic.fr : Ton précédent livre « Sinfanai retu » (2015) était un conte pour enfants. Pourquoi as-tu écrit pour ce type public ?

Nilda Fernández : Tout ça est parti de ma rencontre avec l’illustratrice qui est Russe et qui habite à Londres. Elle venait souvent à mes concerts et  elle est venue me voir en banlieue parisienne, un jour de grève. Elle m’avait laissé un dossier avec des dessins qu’elle avait appelé « Sinfanai retu ». J’ai beaucoup aimé son travail et je lui ai dit que ça m’inspirait pour écrire. Le premier dessin que j’avais vu était un personnage inquiétant dans un miroir. C’était troublant car avant de partir d’Espagne, j’avais vu ce même personnage qui me faisait peur, dans un miroir de l’armoire de chez moi. J’ai donc voulu illustrer ces images (sourire).

JustMusic.fr : Tu viens de sortir ta biographie « Contes de mes 1001 vies » que tu qualifies de « roman-selfie ». Pourquoi as-tu attendu jusqu’à aujourd’hui pour le faire ?

Nilda Fernández : Je n’avais jamais pensé l’écrire, mais un biographe professionnel m’a contacté pour le faire. Je l’ai tout de suite arrêté en lui disant que je n’étais pas mort (sourire). Comme je pensais qu’il allait mal faire le déroulement chronologique de ma vie qui est quand-même chaotique, j’ai décidé de l’écrire moi-même.

JustMusic.fr : Pourquoi « Contes des 1001 vies » ?

Nilda Fernández : Le conte est une forme littéraire, une nouvelle courte. Je trouvais qu’une vie ne se racontait pas de façon linéaire avec un début et une fin (sourire). Je souhaitais raconter des épisodes mais comme le mot épisode n’était pas joli, j’ai choisi le conte.

JustMusic.fr : Comment as-tu choisi ces moments de ta vie pour ce livre ? Et est-ce que cela a été difficile de revenir sur certains de ces moments ?

Nilda Fernández : J’ai d’abord commencé par noter toutes les choses qui me venaient à l’esprit et puis j’ai dû faire un tri. Je l’ai fait de manière très subjective car il y a des choses qui nous viennent plus facilement pour la narration. Quand c’était plus difficile, je laissais tomber.

JustMusic.fr : Pourquoi as-tu appelé les chapitres par les derniers mots du chapitre précédent ?

Nilda Fernández : Je voulais une continuité qui n’en n’est pas une, mais qui est quand même une continuité de forme. Puisque tous les chapitres sont désynchronisés, j’ai voulu maintenir le lecteur dans une fluidité de lecture. En plus, ça donne des titres intéressants et quelques fois le hasard a fait que ça décrit bien ce qu’il y a dans le chapitre (sourire).

JustMusic.fr : Comment t’es-tu senti à la fin de l’écriture de ce livre ?

Nilda Fernández : Soulagé (rires) ! Quand on revient sur sa vie, c’est comme un dédoublement. Il a fallu que je creuse et que je me concentre pour me souvenir de tous ces moments. C’est une entreprise qui ramène à soi mais d’une manière qui n’est pas toujours agréable. On n’a pas forcément envie de revenir sur ce qu’on a vécu et là, je me suis obligé à y revenir.

JustMusic.fr : Quelles sont les choses dont tu es le plus fier dans ton parcours ?

Nilda Fernández : Je crois que c’est d’avoir suivi mon intuition, qui n’a pas été de faire une carrière construite mais d’avoir la connaissance des choses. Je me suis beaucoup posé la question de savoir ce qu’était de vivre. Je crois l’avoir résolu il y a déjà quelques temps, et vivre c’est connaître. Se connaître et connaître l’autre, l’être humain.

Nilda Fernández JustMusic.fr

JustMusic.fr : Tu as remporté la Victoire de la Musique dans la catégorie « Espoir masculin » en 1991. Les Victoires 2017 se sont déroulées vendredi dernier; alors que penses-tu de la nouvelle génération d’artistes comme notamment Vianney qui a, une fois de plus, remporté un prix ?

Nilda Fernández : J’aime bien Vianney car je trouve que ce qu’il fait est assez culotté. Je pense qu’il est doué et qu’il fait quelque chose de bien.

Pour les artistes d’aujourd’hui je pense que cette accélération météorite fait qu’on les consomme très vite. Ils n’ont pas forcément le temps de mûrir. Il faut vraiment qu’ils en prennent conscience pour pouvoir s’épanouir artistiquement car souvent on les utilise pour les remplacer par d’autres ensuite. Ça a toujours été le cas mais, aujourd’hui, c’est pire.

J’ai un ami qui venait de rencontrer quelqu’un. Le lendemain, ils se sont disputés par SMS et ils ont rompu ! Même dans la vie ça va de plus en plus vite. Quand j’ai eu du succès certaines personnes me disaient : « Prends, prends ! Tu ne sais pas combien de temps ça va durer ! ». Je n’étais pas d’accord sur cette pratique, il faut bien organiser sa vie mais pas seulement en fonction d’un métier, d’une histoire d’amour ou d’une carrière.

JustMusic.fr : Justement comment définirais-tu ta carrière ?

Nilda Fernández : Je dirais que c’est un chaos car ma ligne centrale c’est que tout m’intéresse. Tout à l’heure, j’étais en interview avec Philippe Vandel. Il a relevé une de mes phrases qui disait que, lorsque je signais un contrat, j’étais mal (sourire). C’est vrai que signer des contrats ne me rend pas forcément heureux. Tu as une obligation, tu te demandes comment tu vas en sortir… On devrait se taper dans la main pour valider des choses. Quand j’étais signé en maison de disques et que je voulais chanter avec d’autres artistes, on me disait que j’avais un contrat d’exclusivité et que je devais demander l’avis d’autres personnes avant de faire quoi que ce soit. Ce genre de clauses devrait être interdit par la loi (sourire) !

JustMusic.fr : Et sinon où as-tu mis ta Victoire de la Musique ?

Nilda Fernández : J’avais une maison en Bourgogne et je l’ai mise dans une sorte de niche qui était dans le mur. J’ai quitté cet endroit et je ne l’ai pas emmenée avec moi car elle était très lourde. Je pense qu’elle est toujours là-bas (sourire).

JustMusic.fr : Tu as sorti de nombreux tubes mais c’est « Nos fiançailles » qui t’a fait connaître alors peux-tu me raconter l’histoire de cette chanson ?

Nilda Fernández : Une chanson part toujours d’un fait dérisoire qui se sublime lui-même par la suite. C’est un titre qui n’était pas destiné à être un succès car il n’était pas du tout dans le format habituel. Mais au final, les gens ont fait en sorte qu’il le soit et j’ai eu beaucoup de chance que certains y aient cru (sourire).

JustMusic.fr : Tu seras en concert le 9 mars au Divan du Monde; alors, que nous réserves-tu pour cette date parisienne ?

Nilda Fernández : Je serai avec 4 musiciens de Lyon qui jouent avec moi un répertoire très pop/rock que j’ai déjà présenté à l’Elysée Montmartre avec les derniers musiciens de Bashung. C’est rock et je ferai aussi mes anciennes chansons, seul, au début du spectacle pour les personnes qui souhaitent les entendre.

JustMusic.fr : A quand un nouvel album ?

Nilda Fernández : Certains ont passé leur temps à dire que le disque ne se vendait pas et cela a mis le doute dans la tête des gens, car ils ne voulaient plus acheter ce qui ne se vend pas (sourire). J’ai décidé de tout retirer des sites de streaming car ça ne m’intéresse pas. L’album, je le conçois comme une oeuvre et il me semble que le streaming c’est du picorage. On ne sait même pas ce qu’est la part de chacun avec ça… Pour moi, ce n’est pas très légal. Donc, pour le moment, je préfère les concerts.

JustMusic.fr : Pour terminer as-tu un message à adresser à ton public ?

Nilda Fernández : Je tenais à les remercier car je suis parti longtemps en Russie et à mon retour, ils étaient toujours là. Ils se sont approprié mes chansons, ils s’en sont nourri et je veux les remercier d’avoir eu le bon goût de les aimer (sourire). Ce sont des personnes que j’estime fortement (sourire).

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