Avec « Ustaritz », Lueurs signe un premier EP à la fois intime et lumineux, reflet d’un retour aux sources et d’une véritable renaissance personnelle. Entre pop alternative, influences rock et écriture à fleur de peau, l’artiste dévoile un projet sincère, porté par le mouvement, la transformation et l’envie d’avancer.
JustMusic.fr : Pour commencer, comment te présenterais-tu à ceux qui te découvrent aujourd’hui ?
Lueurs : Je suis Lueurs, multi-instrumentiste. J’écris des textes en français, imagés mais tangibles et ancrés, qui évoquent des formes de renaissance. Je crée une pop alternative, souvent lumineuse, parfois mélancolique, mais toujours riche en couleurs et en contrastes. Comme la vie, si on y regarde bien !
JustMusic.fr : Après ton parcours avec le duo « Nuage », qu’est-ce qui t’a donné envie de lancer ce projet solo ?
Lueurs : J’avais besoin de renouveau, de marquer une rupture avec un son plus taciturne, assez typé « Fauve », pour aller vers quelque chose de plus mélodique et coloré, en assumant davantage la chanson française. J’avais aussi besoin d’affirmer la direction artistique du projet. Je pense qu’il est rare de pouvoir tenir une vision créative à plusieurs mains, sauf si c’est au cœur du projet dès le départ.
JustMusic.fr : Ton premier EP « Ustaritz » vient de sortir. À quel moment as-tu ressenti le besoin de raconter cette période de ta vie en musique ?
Lueurs : En continu. J’écris ce qui me traverse depuis l’adolescence, et « Ustaritz » représente un espace-temps très concret de trois ans. C’est un chapitre que j’avais besoin de refermer pour avancer. Comme écrire une lettre d’adieu : encapsuler ce qu’on ressent, faire le deuil, faire la paix, et pouvoir passer à la suite.
JustMusic.fr : Ce projet retrace trois années importantes, entre départ de Paris et retour aux racines. Qu’est-ce que ce changement de vie a transformé chez toi, humainement et artistiquement ?
Lueurs : Je suis né au Pays basque, donc c’est un retour aux sources très concret. J’y ai retrouvé l’essentiel, et mon meilleur ami. Une vie joyeuse au quotidien, qui ne dépend pas d’un futur hypothétique. Ce changement m’a profondément transformé : un rapport plus simple aux autres, à moi-même, et à ce que je fais. Moins de rôle à jouer, plus d’acceptation de l’imperfection.
JustMusic.fr : Le Sud, l’océan, les montagnes… le territoire semble très présent dans cet EP. Est-ce que le lieu influence directement ta manière d’écrire et de composer ?
Lueurs : Oui, clairement. Les idées me viennent souvent en marchant ou à vélo. L’environnement influence forcément ce qui se passe dans ma tête. Je ne vivais pas les mêmes choses à Paris que face à l’océan ou en pleine forêt. Je n’ai pas besoin de le dire frontalement, mais ça s’infuse naturellement dans la musique.
JustMusic.fr : Tu parles d’un projet marqué par la lumière et le renouveau. Est-ce que « Ustaritz » représente une forme de reconstruction personnelle ?
Lueurs : Absolument. C’est une vraie renaissance, à l’aube de mes 30 ans. Revenir chez moi, revenir à l’essentiel. Mais le chemin n’est jamais fini. Ceux qui écoutent l’EP jusqu’au bout comprennent qu’il y a un « après ». Rien n’est figé, tout évolue, et il faut accepter ce mouvement.
JustMusic.fr : Musicalement, tu navigues entre électro-pop, touches urbaines et influences plus folk. Comment as-tu trouvé cet équilibre sonore ?
Lueurs : C’est un mélange de tout ce que j’aime. J’ai beaucoup écouté de rock anglophone, de Muse à My Chemical Romance ou Fall Out Boy. J’ai besoin de cette énergie. L’écriture en français est venue avec Fauve, puis des influences urbaines comme Orelsan. Et avec Pierre Vergeat, on a ajouté une touche folk commune. Ça donne « Ustaritz ».
JustMusic.fr : Tu as collaboré avec Pierre Vergeat à la production. Comment s’est construite votre relation artistique ?
Lueurs : On s’est rencontrés à Bordeaux. Très vite, on a commencé à créer ensemble. On a traversé plusieurs projets, dont « Nuage ». À un moment, mon perfectionnisme a un peu épuisé la dynamique. On a dû redéfinir nos rôles. J’ai assumé de porter la direction artistique, tout en apaisant mon ego. Pierre est très prolifique, il m’inspire beaucoup.
JustMusic.fr : Tu es passé du duo « Nuage » à un projet solo plus intime. Qu’est-ce que cette transition t’a permis d’exprimer ?
Lueurs : Plus de liberté, moins de lutte créative. J’ai gagné en maturité en lâchant prise sur le perfectionnisme. Je n’ai plus à me demander si ce que je fais correspond à quelqu’un d’autre. Aujourd’hui, j’apprends aussi à dissocier mon identité de ce que je crée.
JustMusic.fr : On ressent une vraie sincérité dans ton écriture. Est-ce important pour toi de te livrer ainsi ?
Lueurs : Oui. J’essaie d’écrire comme je parlerais à un ami ou à moi-même. J’aime la poésie, mais aussi la simplicité. Enlever des couches pour aller vers quelque chose de plus pur.
JustMusic.fr : Tes morceaux évoquent souvent le mouvement et la guérison. La musique est-elle une forme de thérapie pour toi ?
Lueurs : Complètement. Créer, c’est presque uniquement ça pour moi. À différents niveaux. On a tous besoin de se comprendre ou d’être compris. Si on ne s’exprime pas, c’est compliqué. C’est pour ça que j’écris.
JustMusic.fr : Quelles sont tes inspirations aujourd’hui ?
Lueurs : Conor Oberst, qui est incomparable pour moi. J’écoute peu de musique française, mais OrelSan pour la carrière, Disiz pour l’amour. Et des artistes émergents comme Tioma, qui suivent leur propre voie.
JustMusic.fr : Est-ce que tu prévois de défendre « Ustaritz » sur scène ?
Lueurs : Oui, d’ici cet été. Je suis devenu papa le lendemain de la sortie de l’EP, donc c’est intense ! Mais l’idée serait un format live en groupe, avec basse et batterie, pour donner une nouvelle dimension aux morceaux.
JustMusic.fr : Si tu devais résumer Lueurs en une phrase ?
Lueurs : Lueurs chante les énergies qui nous traversent au fil de nos transformations, dans une pop alternative vivante et contrastée. Bienvenue !
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