INTERVIEW : Rencontre avec Elliott Armen

Elliott Armen vient de dévoiler un deuxième album « Turbulence ». Le disque est magnifique et nous vous le conseillons vivement !

JustMusic.fr : Pour ceux qui ne te connaissent pas encore, peux-tu te présenter ?

Elliott Armen : Je suis Elliott Armen, j’ai un projet de folk/pop et je viens de Saint-Malo. J’ai sorti mon deuxième album « Turbulence » en janvier dernier.

JustMusic.fr : Est-ce que tu t’es lancé dans la musique pour suivre les traces de ton père Yann Tiersen ?

Elliott Armen : Non, pas vraiment (sourire) car je ne voulais pas faire de la musique au départ, mais travailler dans l’agriculture. C’est mon manager actuel Guillaume Depagne qui m’a découvert. Je faisais du woofing en Europe de l’Est et je postais des vidéos des chansons que j’écrivais sur les réseaux sociaux. Il m’a contacté, nous avons discuté et je me suis lancé au bout d’un an (sourire).

JustMusic.fr : Est-ce que ton père t’a donné des conseils ?

Elliott Armen : Oui, il m’en a donné et je lui ai fait écouter les mixes du deuxième album. Il a l’air d’apprécier donc c’est cool (rires).

JustMusic.fr : Quand t’es-tu aperçu que tu avais une aussi belle voix ?

Elliott Armen : Merci (sourire) ! Je pense qu’elle a évolué car au début je ne la trouvais pas ouf (rires). L’ingénieur du son qui a produit mon premier album avec moi, m’a coaché pour placer ma respiration notamment. En trois ans ma voix a beaucoup évolué grâce aux concerts que j’ai pu faire. C’est surtout la scène qui m’a aidé.

JustMusic.fr : Ton premier album « Helium balloons » a rencontré un beau succès. Tu cumules des millions de streams, alors peux-tu me faire un bilan de tes débuts ?

Elliott Armen : J’ai pu participer aux iNOUïS du Printemps de Bourges et plein de choses se sont déclenchées. Après mon manager, j’ai eu un tourneur « Super! » et j’ai enchaîné les dates. J’ai joué au « Pitchfork Music Festival » à Paris pour trois concerts, j’ai fait des premières parties, Miossec m’a invité sur « France Inter » puis pour sa première partie. C’était à la Cigale le 31 mars 2022, le jour de la sortie de mon premier album (sourire). Ensuite j’ai signé avec mes éditeurs « Wagram Publishing » et avec mon label actuel « Sony Masterworks » qui ont aimé ce que je faisais en première partie de Miossec. Dans l’ensemble tout s’est très bien passé et nous sommes super contents (sourire).

JustMusic.fr : Est-ce que tu t’y attendais ?

Elliott Armen : Non pas trop et même pendant (sourire). Tout s’enchaînait et tout ce qu’il m’arrivait était super ! Le premier album était enregistré depuis deux ans, donc c’était cool de pouvoir poursuivre avec un deuxième. J’avais commencé à écrire de nouvelles chansons et j’ai eu beaucoup d’expositions avec « Helium balloons » qu’on avait fait en autoproduction. Aujourd’hui « Turbulence » est sorti donc c’est cool (sourire).

JustMusic.fr : En effet, l’opus est disponible depuis le 12 janvier. Tu l’as enregistré sur l’île de Lewis en Ecosse, après 12 jours de marche aux studios de Black Bay. Pourquoi es-tu parti là-bas et comment ça s’est passé ?

Elliott Armen : L’idée était de partir à l’étranger pour changer d’air et de voyager. Je voulais trouver un studio et faire du woofing avant ou après, je ne savais pas encore ce que je souhaitais vraiment. J’ai cherché sur le net en tapant des mots comme « Studio », « Résidence » ou encore « Perdu » (sourire). C’est alors que je suis tombé sur un site qui recense des studios dans des endroits atypiques, et je suis tombé sur ce studio sur une île perdue en Ecosse. J’aime beaucoup cet endroit car j’y suis déjà allé et j’ai contacté le propriétaire. Nous nous sommes très bien entendus et nous avons calés les dates du 1er au 15 mars. Comme je n’ai pas trouvé de woofing pour travailler dans des fermes, j’ai décidé d’y aller en ferry et en bus de Saint-Malo. Je ne prends pas l’avion pour être un peu écolo alors j’ai mis beaucoup de temps pour y aller (rires). Je ne voulais pas y aller pour être enfermé 16 jours en studio, donc j’y suis allé en avance et j’ai marché pendant 12 jours sur les côtes en faisant du bivouac.

JustMusic.fr : Comment as-tu créer tes nouvelles chansons ?

Eliott Armen : J’avais déjà écrit la plupart des morceaux en guitare/voix ou piano/voix. Je n’avais préparé aucun arrangement et rien n’était produit. Je voulais attendre d’être sur place pour voir avec Peter le patron du studio et Liam le batteur qui nous a rejoint. Un titre n’était pas prévu sur l’album et lorsque Liam est arrivé nous avons enregistré la batterie car il devait repartir. Malheureusement, il y a eu une tempête qui l’a bloqué sur l’île et il est resté deux jours de plus. Ensuite il y a eu une grande panne de courant générale et avec Liam nous avons travaillé sur ce titre que j’avais laissé de côté. Lorsque le courant est revenu, nous avons décidé de l’enregistrer et c’est devenu « Red deer ». J’en suis très content car il est arrivé vraiment par hasard sur ce projet (rires).
Avec cet album j’ai voulu transmettre des états, des émotions, comme on peut en avoir lors de grands voyages. Cette sorte d’imminence, très vaste et intemporelle. « Turbulence » est aussi une introspection, ce qu’on peut traverser à travers le deuil par exemple. C’est très vaste, très ouvert mais également introspectif (sourire).

JustMusic.fr : Peux-tu me présenter le single « Strangers » et le clip qui l’accompagne ?

Elliott Armen : C’est le premier extrait et je trouvais ça chouette car il est assez pop et « entraînant » par rapport à ceux que je faisais sur le premier album. J’étais content de le présenter pour montrer une évolution (sourire).
Lorsque je suis parti, j’ai emmené deux appareils photos argentiques et une GoPro. Au départ j’avais l’idée de faire une vidéo de présentation de la démarche de ce nouvel album, mais on a eu l’idée de faire le clip de « Strangers » avec ces images. Bastien Colin qui est très doué a fait tout le montage à partir des heures de rushs que je lui ai donné en vrac (rires).
Nous avons fait le ménage chez lui et c’était chouette (sourire).

JustMusic.fr : Comptes-tu chanter en français ?

Elliott Armen : Peut-être… (rires). J’ai commencé à écrire vers l’âge de 13 ans et comme j’ai été élevé avec de la musique anglophone par mes parents, je l’ai fait en anglais car c’était plus confortable pour moi. J’ai déjà essayé d’écrire des chansons en français, j’ai trouvé ça très dur et le résultat n’était pas réussi (sourire). C’est une langue très littéraire et ce que j’aime dans les chansons, ce sont les paroles un peu évasives que l’on peut réinterpréter à sa manière. C’est très difficile de le faire en français et je respecte beaucoup les paroliers qui y arrivent, dont Dominique A ou encore Odezenne.

JustMusic.fr : Tu as déjà fait beaucoup de concerts et tu seras de retour à Paris au Hasard Ludique le 8 février (aujourd’hui). Te souviens-tu de ton tout premier concert ?

Elliott Armen : Le tout premier c’était au festival « Gare à la Rochette » à 14 ans avec mon groupe « Semper Fidelis » – qui est la devise de Saint-Malo (sourire) où je suis né et où j’habite et ça veut dire « Toujours fidèle ». Sinon, le premier en tant qu’Elliott Armen c’était les auditions pour les iNOUïS du Printemps de Bourges, après avoir été pré-sélectionné pour la Bretagne. C’était à « La Nouvelle Vague » à Saint-Malo devant des professionnels, donc c’était assez particulier comme premier concert (rires).

JustMusic.fr : Pour conclure, que peux-tu ajouter pour donner envie au public de venir te voir en concert ?

Elliott Armen : Pour le Hasard Ludique ça va être une belle soirée car Claire Days avec qui j’ai fait le featuring « Here comes the wave » sera présente. Elle fera la première partie et me rejoindra pour notre duo, deux autres titres et faire les chœurs. Il y aura aussi le groupe londonien Family Stereo et il y aura beaucoup d’émotions (sourire). Je suis désormais accompagné sur scène, nous avons déjà fait plusieurs résidences et nous sommes vraiment très contents !

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