Avec « Braqueurs de bonheur », Les inséparables Piou Piou transforment leur histoire d’amour en projet artistique aussi sincère que décalé. Entre pop feel good, autodérision et chronique du quotidien, Solène et Louis racontent leur duo à la ville comme en musique.
JustMusic.fr : Les Inséparables Piou Piou racontent votre histoire d’amour à travers cet album. À quel moment vous êtes-vous dit que votre relation pouvait devenir un projet artistique ?
Solène (Les inséparables Piou Piou) : Dès qu’on s’est rencontrés avec Louis, on a commencé à travailler ensemble sur un film, une comédie musicale. On s’est vite rendu compte que le projet était global : dans la vie, bien sûr, mais aussi dans notre connexion artistique.
Louis (Les inséparables Piou Piou) : Et comme Solène était fan de Britney Spears, elle a voulu se mettre au chant et était super motivée pour faire de la musique… et ça a donné un sens aux chansons. Non, je déconne (rires).
JustMusic.fr : Votre premier album-roman « Braqueurs de bonheur » suit un récit chronologique, presque comme un journal intime. Comment avez-vous construit cette narration musicale ?
Solène (Les inséparables Piou Piou) : On a commencé par écrire des chansons sur ce qu’on vivait : les travaux de notre maison, notre mariage… Et assez naturellement, on s’est rendu compte que toutes ces chansons avaient du sens et racontaient les dernières années de notre vie.
Louis (Les inséparables Piou Piou) : Solène a tout dit (rires).
JustMusic.fr : Chaque chanson est présentée comme un chapitre de votre vie. Y a-t-il un moment de votre histoire que vous avez hésité à mettre en musique ?
Louis (Les inséparables Piou Piou) : Peut-être « Boire des bières » et « Regarder des films », qui raconte une phase un peu plus sombre de ma vie avant de rencontrer Solène.
Solène (Les inséparables Piou Piou) : Et peut-être aussi « Qu’est-ce que j’y peux ». Mais en même temps, on trouvait ça honnête de dire que tout n’est pas toujours tout beau, tout rose.
JustMusic.fr : Votre univers mélange une pop électronique feel good avec une certaine lucidité sur le monde. Comment trouvez-vous l’équilibre entre légèreté et profondeur dans vos chansons ?
Louis (Les inséparables Piou Piou) : Je dirais que l’équilibre vient justement du contraste entre un état d’esprit joyeux et quelque chose de plus profond. Ce contraste fonctionne bien. On aime ce mélange entre l’énergie de vivre, de saisir le bonheur quand il est là, et, en même temps, ne pas mentir sur le monde qui nous entoure ni sur la façon dont on le vit.
JustMusic.fr : Le titre « Marcher sur l’eau » évoque l’idée de rester heureux dans un monde qui tangue. Est-ce une réflexion qui traverse tout l’album ?
Solène (Les inséparables Piou Piou) : Pour être honnête, cette réflexion traverse surtout ce titre et annonce plutôt la suite de l’aventure. Dans l’album, on raconte surtout les premières années de notre vie, avec leurs hauts et leurs bas, quelque chose de très personnel. « Marcher sur l’eau » ouvre davantage la réflexion vers le monde extérieur et vers l’époque dans laquelle on vit, et l’idée de continuer à rester heureux malgré tout.
Louis (Les inséparables Piou Piou) : C’est vrai que l’ensemble des titres crée aussi une sorte de protection. On a fabriqué une petite bulle un peu bisounours qui nous permet de maintenir une vie à peu près normale et joyeuse.
JustMusic.fr : Vous avez tout fait maison, de la musique aux visuels en passant par les clips. Pourquoi était-ce important pour vous de garder ce contrôle artistique ?
Solène (Les inséparables Piou Piou) : Bon, c’est surtout qu’on n’a pas de thunes (rires). Mais plus sérieusement, on a aussi des compétences très complémentaires. Moi, je viens de l’image et j’adore ça ; Louis vient de la musique. On a un peu un petit bureau de production à la maison : on s’envoie tout par AirDrop et on travaille constamment sur ce projet. La direction artistique ne s’arrête jamais : on en parle le matin au café, puis le soir à l’apéro. C’est vraiment H24.
Louis (Les inséparables Piou Piou) : On aime avoir la main sur la production, les arrangements, même sur le mix. On a une vision globale et on aime retranscrire exactement ce qu’on a dans la tête.
JustMusic.fr : Sur « La flèche », vous invitez Micky Green. Comment est née cette collaboration et qu’a-t-elle apporté au morceau ?
Solène (Les inséparables Piou Piou) : Micky a tout d’un ange. Sa voix, sa personnalité… tout chez elle nous fait penser à Cupidon. On était très fans de son projet. C’est à la base une amie d’amis et, quand on lui a proposé, elle a tout de suite dit oui, ce qui nous a fait très plaisir.
Louis (Les inséparables Piou Piou) : On l’a rencontrée grâce à Anna, notre manageuse, qui est devenue une amie. On l’aime beaucoup et, pour nous, Micky avait vraiment tout pour incarner ce côté Cupidon dans le morceau.
JustMusic.fr : Louis, après ton projet « Louis Piscine » et ton passage par les « Inouïs du Printemps de Bourges », qu’est-ce que cette nouvelle aventure change dans ta manière de créer ?
Louis (Les inséparables Piou Piou) : Je ne change pas de personnalité du jour au lendemain pour créer un nouveau projet. La différence, c’est surtout que j’ai ouvert une place pour Solène dans la musique. On a aussi défini ensemble une sorte de cahier des charges pour ce projet. Et, par rapport à « Louis Piscine », aujourd’hui j’ai davantage la main sur la production, ce qui était un objectif pour moi.
JustMusic.fr : Solène, ton regard de réalisatrice influence-t-il la façon dont vous pensez les chansons et leur univers visuel ?
Solène (Les inséparables Piou Piou) : Oui, souvent on a des images assez rapidement en tête et elles peuvent influencer l’écriture, et inversement. Très tôt dans la création d’une chanson, on a déjà une idée assez précise de la manière dont on aimerait la mettre en images. Et puis parfois, on se filme simplement en train de faire des conneries, et ça peut aussi inspirer une chanson.
JustMusic.fr : On sent beaucoup d’humour et d’autodérision dans votre projet. Est-ce une manière de parler de choses très personnelles sans tomber dans quelque chose de trop sérieux ?
Louis (Les inséparables Piou Piou) : Oui. On n’aime pas trop se prendre au sérieux, ça peut vite devenir un peu lourd, voire prétentieux. L’humour et la dérision font partie de notre quotidien, donc c’est naturel pour nous de fonctionner comme ça dans le projet.
JustMusic.fr : Votre projet parle beaucoup du quotidien : maison, couple, petit lapin Rambo… Est-ce que la banalité peut être la plus grande source de poésie ?
Solène (Les inséparables Piou Piou) : En tout cas, c’est notre plus grande source d’inspiration. Notre quotidien est fait de beaucoup de rires, de joie, de doutes aussi, comme chez beaucoup de couples. Pour ce premier album, c’était vraiment ce qu’on avait envie de livrer. Et puis Louis est un vrai poète. Même quand on fait les travaux de la maison, il peut avoir un burineur à la main et inventer des phrases comme : « Je burine le paradis pour faire une place avec toi. »
Louis (Les inséparables Piou Piou) : Oui, la banalité, la vie du quotidien, c’est tout ce qu’on aime. Pour nous, l’amour réside dans ces petits moments-là, et c’est ça qu’on a envie de mettre en valeur.
JustMusic.fr : Votre univers a été comparé à un mélange entre Philippe Katerine et Richard Gotainer. Si vous pouviez inviter un artiste (vivant ou non) dans l’univers des Inséparables Piou Piou, qui serait-il ?
Solène (Les inséparables Piou Piou) : Sans hésiter, Philippe Katerine. Je le trouve génial, avec une poésie folle et des idées complètement dingues. Philippe, si tu passes par là, n’hésite pas à nous envoyer un petit message.
Louis (Les inséparables Piou Piou) : Ce n’est pas facile de choisir… Mais côté musique et production, faire un feat avec Yuksek ou Dombrance me ferait très plaisir.
JustMusic.fr : Votre musique donne l’impression que le bonheur peut être un acte de résistance. Est-ce que « braquer le bonheur », finalement, c’est une forme de rébellion ?
Solène (Les inséparables Piou Piou) : Oui, d’une certaine manière. On a quand même le droit au bonheur dans ce monde-là. Et souvent, après les concerts, les retours qu’on a des gens vont dans ce sens : ils en ont besoin. Le bonheur, c’est aussi un choix, c’est décider que tout peut résider dans l’instant. Et cet instant, on peut le braquer, le saisir et le trouver beau malgré les problèmes qui nous entourent.
Louis (Les inséparables Piou Piou) : Oui, complètement. Aujourd’hui, on essaie de nous faire peur tous les jours : dans les informations, sur les réseaux, quand on scrolle sur Instagram… Finalement, le bonheur devient une forme de rébellion parce qu’on refuse de se laisser dicter notre état d’esprit par toute cette peur.
JustMusic.fr : Si Rambo, votre « petit lapin », devait écrire une chanson sur vous deux, à quoi ressemblerait-elle ?
Rambo (Les inséparables Piou Piou) :
(Sur un air de Joe Dassin, « Et si tu n’existais pas »)
Et s’ils n’existaient pas,
Je n’aurais même pas de litière,
Mon papa, mon héros, mon copain,
C’est lui qui me lève le matin
Et qui me donne du foin
(Sur le thème du violon)
Ma maman, je l’aime bien
Ma maman, ma maman, c’est câlin
Ma maman, je l’aime bien
Ma maman, ma maman, c’est câlin
JustMusic.fr : Imaginez que dans 20 ans vous réécoutiez cet album : qu’aimeriez-vous ressentir en le redécouvrant ?
Solène (Les inséparables Piou Piou) : Je pense qu’il nous fera très plaisir à réécouter, et aussi à revoir à travers les petites vidéos qu’on a faites. Ce sont quand même des premières années qui comptent beaucoup. J’aimerais ressentir la même chose que quand on revoit une vidéo de notre mariage.
Louis (Les inséparables Piou Piou) : Pareil. Et notamment la photo dans le jardin. On a vraiment eu envie de faire la photo de la pochette dans le jardin, en se disant que dans 10, 20 ou 30 ans on la regardera et que tout ça nous replongera dans ces beaux souvenirs.
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